En bref

  • Le régulateur britannique CMA lance une enquête formelle sur les pratiques de licences cloud de Microsoft.
  • Les entreprises utilisant Windows Server ou SQL Server sur des clouds concurrents paient plus cher que sur Azure.
  • Microsoft pourrait se voir attribuer un statut de marché stratégique (SMS), renforçant les obligations réglementaires.

Ce qui s'est passé

Le 31 mars 2026, la Competition and Markets Authority (CMA), le régulateur britannique de la concurrence, a annoncé l'ouverture d'une enquête formelle sur les pratiques de licences logicielles de Microsoft dans le secteur du cloud computing. Cette décision fait suite à une investigation de plusieurs mois sur la santé concurrentielle du marché du cloud au Royaume-Uni, selon The Register.

Au cœur du problème : les licences de produits phares comme Windows Server et SQL Server coûtent significativement plus cher lorsqu'elles sont déployées sur des clouds concurrents tels qu'AWS ou Google Cloud, par rapport à Azure. Microsoft permet en effet à ses clients de transférer leurs licences on-premise vers Azure sans surcoût, un avantage que les rivaux ne peuvent pas offrir. Cette asymétrie tarifaire crée de fait un verrouillage des entreprises dans l'écosystème Microsoft.

La CMA envisage d'attribuer à Microsoft un « Strategic Market Status » (SMS), un statut qui imposerait des obligations renforcées en matière de transparence et de pratiques commerciales équitables. Le régulateur a toutefois choisi de ne pas étendre cette investigation à AWS dans l'immédiat, une décision qui fait débat dans l'industrie, d'après plusieurs analystes cités par The Register.

Pourquoi c'est important

Cette enquête s'inscrit dans un mouvement réglementaire global visant à encadrer les pratiques des hyperscalers. La FTC américaine avait déjà ouvert une investigation sur la domination de Microsoft dans le cloud et l'IA en février 2026. Pour les entreprises européennes et britanniques, l'enjeu est concret : les coûts de migration entre fournisseurs cloud restent prohibitifs, et les politiques de licences aggravent cette dépendance. Avec l'intégration croissante de l'IA dans les outils métier comme Microsoft 365 Copilot, le risque de verrouillage ne fait que s'amplifier.

Ce qu'il faut retenir

  • La CMA cible spécifiquement les licences Windows Server et SQL Server, plus chères hors Azure.
  • Un statut SMS pourrait contraindre Microsoft à modifier ses conditions commerciales au Royaume-Uni.
  • Les entreprises multi-cloud doivent anticiper les évolutions réglementaires dans leur stratégie de négociation avec les hyperscalers.

Quel impact pour les entreprises françaises utilisant Azure ?

Si la CMA impose des changements à Microsoft, cela pourrait créer un précédent repris par la Commission européenne ou l'Autorité de la concurrence française. Les entreprises françaises multi-cloud auraient alors accès à des conditions de licence plus équitables, réduisant le coût de portabilité entre fournisseurs. Il est recommandé de suivre ces évolutions réglementaires pour ajuster sa stratégie cloud en conséquence.

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