Spear phishing 2026 : AiTM contourne le MFA, BEC à 2,9 Mds$ (FBI IC3 2024), EvilProxy/Evilginx2, DMARC p=reject et contre-mesures FIDO2 détaillées.
TL;DR — En résumé
Guide technique approfondi sur phishing 2026 : techniques avancees de spear-phishing. Cet article presente les techniques, outils et bonnes pratiques.
En 2026, le spear-phishing n'est plus l'apanage des groupes APT étatiques. Les kits AiTM vendus sur forums cybercriminels pour quelques centaines de dollars contournent désormais le MFA classique en temps réel. Le FBI IC3 chiffrait les pertes BEC à 2,9 milliards de dollars en 2024 — et la tendance s'accélère avec l'automatisation par IA des campagnes de ciblage et de personnalisation des leurres.
Le spear phishing 2026 a changé de nature. Pendant des années, les campagnes de phishing se distinguaient du spam classique par un ciblage fin et un contenu personnalisé — une différenciation artisanale qui limitait le passage à l'échelle. Ce n'est plus le cas. Aujourd'hui, des outils comme EvilProxy, Modlishka et Evilginx2 permettent à des attaquants de niveau intermédiaire de déployer des campagnes AiTM (Adversary-in-the-Middle) qui contournent le MFA en capturant les tokens de session en temps réel, sur des milliers de cibles simultanément. Le groupe Tycoon 2FA, démantelé par Europol en mars 2025, avait généré plus de 10 millions d'euros de revenus en vendant ce type de kit à des cybercriminels de toutes nationalités. Ce n'était pas un groupe APT — c'était un service commercial. Cet article analyse en profondeur les techniques avancées de spear phishing actives en 2026, depuis la reconnaissance OSINT jusqu'aux kits Microsoft 365 de dernière génération, avec les contre-mesures qui fonctionnent réellement dans des environnements de production.
À retenir
- AiTM contourne le MFA classique : les kits de reverse proxy phishing (EvilProxy, Evilginx2) capturent les session tokens après authentification MFA — les SMS OTP et TOTP ne protègent plus contre ces attaques.
- 2,9 milliards de dollars de pertes BEC en 2024 : le rapport IC3 2024 du FBI confirme que le Business Email Compromise reste la cybermenace économiquement la plus destructrice, loin devant les ransomwares.
- OSINT automatisé : les outils de scraping LinkedIn, les données de breaches et les LLMs permettent de construire des profils de victimes et des leurres personnalisés à une échelle industrielle.
- DMARC p=reject est non-négociable : sans politique DMARC stricte, n'importe qui peut usurper votre domaine pour des campagnes BEC ciblant vos partenaires et clients.
- FIDO2/Passkeys sont la seule protection MFA réelle : seules les clés physiques hardware (YubiKey) et les passkeys FIDO2 résistent nativement aux attaques AiTM par design cryptographique.
OSINT pour spear phishing : construire le profil de la victime
Avant d'envoyer le moindre email, les attaquants les plus efficaces passent plusieurs jours — parfois semaines — en reconnaissance. L'OSINT (Open Source Intelligence) moderne pour le phishing combine des sources publiques légitimes, des données de brèches, et des outils d'automatisation qui réduisent ce travail à quelques heures.
Sources principales utilisées en 2026 :
- LinkedIn : organigramme, rôles, responsabilités, date d'arrivée dans l'entreprise, projets publics mentionnés dans les posts. Des outils comme PhantomBuster ou des scripts Python sur l'API officielle permettent un scraping légal à l'échelle. La commande
linkedin2usernamegénère les formats d'email probables depuis une liste de profils. - Have I Been Pwned / breach forums : les mots de passe anciens d'une victime révèlent ses patterns de création de credentials. L'API HaveIBeenPwned permet de vérifier si une adresse email apparaît dans des brèches connues.
- GitHub / GitLab publics : repos personnels et d'entreprise révèlent les technologies utilisées, parfois des credentials hardcodés (truffleHog les détecte), et des patterns de communication interne
- Réseaux sociaux : Twitter/X, Facebook, Instagram pour les leurres personnalisés — vacances annoncées, conférences auxquelles l'employé va participer, félicitations publiques entre collègues
- Données de domaine : WHOIS, certificats SSL (crt.sh), DNS records — révèlent l'infrastructure email, les prestataires cloud, les technologies utilisées
Avec ces données, l'attaquant construit un leurre parfaitement contextualisé : un email du "service comptabilité" envoyé le lundi matin, faisant référence à un projet réel visible sur LinkedIn, avec une demande de validation d'une facture "urgente" liée à un prestataire que l'entreprise utilise effectivement.
EvilProxy et Modlishka — Reverse Proxy Phishing 2026
Les kits de reverse proxy phishing représentent l'évolution la plus dangereuse du phishing moderne. Contrairement aux pages de phishing statiques qui reproduisent une interface de connexion, ces kits agissent comme un intermédiaire transparent entre la victime et le site légitime.
Mécanisme technique de EvilProxy :
- La victime clique sur un lien pointant vers le domaine de l'attaquant (ex.
microsoft365-secure.login.com) - Le proxy EvilProxy récupère en temps réel la vraie page Microsoft login (
login.microsoftonline.com) et la sert à la victime en remplaçant tous les liens par ses propres domaines - La victime entre ses credentials — ils sont capturés par le proxy ET transmis à Microsoft
- Microsoft envoie la demande MFA — la victime valide avec son téléphone
- Le proxy capture le session token authentifié (cookie de session) juste après la validation MFA
- L'attaquant importe ce cookie dans son navigateur et accède au compte Microsoft 365 de la victime, sans avoir jamais eu besoin de connaître son mot de passe ou de contourner le MFA
Modlishka (open-source, écrit en Go) fonctionne sur le même principe avec une configuration plus technique mais plus flexible. Evilginx2 (vu en section suivante) est devenu le standard de facto pour les red teams et les attaquants.
Comparatif des kits de reverse proxy phishing en 2026 :
- EvilProxy : service commercial (abonnement mensuel ~400$/mois), interface graphique, templates M365/Google/Okta préconfigurés, gestion de campagnes. Ciblait principalement les enterprises EMEA en 2024-2025.
- Modlishka : open-source, Go, configuration manuelle JSON, adapté aux pentesters. Moins d'obfuscation que les kits commerciaux.
- Evilginx2/Evilginx3 : le plus utilisé en red team. Supporte les "phishlets" — fichiers YAML décrivant comment proxifier chaque site cible spécifique.
AiTM (Adversary-in-the-Middle) — Contournement du MFA en temps réel
L'attaque AiTM (Adversary-in-the-Middle), aussi appelée MITM phishing ou session token theft, est la technique qui a rendu obsolètes des années de communication sur "activer le MFA protège contre le phishing". Ce n'est plus vrai pour les SMS OTP ni pour les applications TOTP (Google Authenticator, Microsoft Authenticator).
Voici pourquoi : ces formes de MFA prouvent l'identité de l'utilisateur au moment de l'authentification, mais ne protègent pas le session token émis après cette authentification. Or, ce token est ce que l'attaquant AiTM capture.
Microsoft 365 et Tycoon 2FA : le groupe cybercriminel Tycoon 2FA (aussi connu sous PhaaS — Phishing as a Service) opérait depuis 2023 un service de phishing AiTM ciblant spécifiquement Microsoft 365 et Gmail. Il a été démantelé par Europol et le FBI en mars 2025 après avoir compromis des milliers de comptes d'entreprises en Europe et aux États-Unis. Ses kits étaient vendus entre 120 et 200 dollars sur des forums cybercriminels, avec un support client inclus.
Evilginx2 en pratique — configuration d'un phishlet Microsoft 365 (exemple pédagogique) :
# Installation Evilginx2 (test uniquement en environnement autorisé)
git clone https://github.com/kgretzky/evilginx2
cd evilginx2 && go build -o evilginx main.go
# Démarrer Evilginx2 avec certificat SSL automatique (Let's Encrypt)
./evilginx -p ./phishlets -domain attacker-domain.com
# Dans la console Evilginx2 :
# Charger le phishlet Microsoft 365
phishlets hostname o365 login.attacker-domain.com
phishlets enable o365
# Créer une lure (URL de phishing unique par cible)
lures create o365
lures get-url 1
Avertissement légal : les techniques AiTM décrites ici sont présentées uniquement à des fins de formation défensive et de compréhension des menaces. Leur utilisation sans autorisation explicite et par écrit constitue une infraction pénale grave. Dans un contexte de red team mandaté, ces techniques permettent de démontrer concrètement aux comités de direction pourquoi le MFA classique ne suffit plus.
Seule solution qui résiste nativement aux attaques AiTM : FIDO2/WebAuthn. Les clés de sécurité hardware (YubiKey, Google Titan Key) et les passkeys sont liées cryptographiquement au domaine légitime lors de l'enregistrement. Lors de l'authentification, le navigateur vérifie que le domaine correspond — une attaque AiTM sur un faux domaine échoue car le challenge cryptographique ne peut pas être résolu. La migration vers Microsoft Entra avec FIDO2 et révocation de sessions détaille le processus opérationnel.
Business Email Compromise (BEC) 2026 : la menace à 2,9 milliards
Le BEC (Business Email Compromise) est une forme de spear phishing dont l'objectif n'est pas de voler des credentials mais de détourner des flux financiers ou de l'information sensible via l'ingénierie sociale pure.
Selon le rapport IC3 2024 du FBI, le BEC représentait 2,9 milliards de dollars de pertes déclarées en 2024 aux États-Unis seuls — en hausse de 17% par rapport à 2023. En Europe, les chiffres réels sont estimés 2 à 3 fois supérieurs aux montants déclarés aux autorités, les entreprises hésitant à communiquer publiquement sur des compromissions.
Techniques BEC dominantes en 2026 :
- CEO Fraud : l'attaquant usurpe l'identité du PDG ou d'un directeur via un compte email compromis ou un domaine sosie. Il contacte le service financier pour un virement "urgent et confidentiel" — souvent avant un week-end ou une période de congés
- Vendor Fraud : l'attaquant compromet le compte email d'un fournisseur légitime et envoie des factures avec des IBAN modifiés. La compromission peut passer inaperçue pendant des mois
- Invoice Manipulation : interception d'un email de facturation légitime, modification du PDF pour changer les coordonnées bancaires, renvoi à la cible
- Attorney Impersonation : usurpation d'un avocat ou notaire lors d'une transaction immobilière ou d'une opération M&A — détournement des fonds de closing
Protections anti-BEC essentielles :
- Procédure de double validation téléphonique pour tout virement sortant supérieur à un seuil défini
- Activation de la bannière "[EXTERNE]" sur les emails entrants depuis des domaines extérieurs
- Formation régulière des équipes financières avec des simulations de phishing BEC ciblées
- Surveillance via Microsoft 365 Defender des règles de redirection email créées à l'insu des utilisateurs
Microsoft 365 Phishing Kits 2026 : anatomie d'une attaque moderne
Microsoft 365 est la cible numéro un des phishing kits pour une raison simple : 97% des entreprises du Fortune 500 l'utilisent, et un compte M365 compromis donne accès à la messagerie, aux fichiers SharePoint, aux réunions Teams et aux intégrations avec des centaines d'applications tierces.
Anatomie d'un kit M365 moderne :
- Infrastructure : domaine enregistré avec des fautes d'orthographe subtiles (microsoft365-secure[.]com, m1crosoft[.]com), hébergé sur des bullet-proof hosters ou des plateformes cloud légitimes (Cloudflare Workers, AWS Lambda ironiquement)
- Certificat SSL : Let's Encrypt automatique — le cadenas HTTPS n'est plus un signe de légitimité
- Reverse proxy : Evilginx2 ou EvilProxy qui proxifie login.microsoftonline.com en temps réel
- Token harvest : capture automatique du cookie
ESTSAUTHetESTSAUTHPERSISTENTaprès validation MFA - Exfiltration : les cookies capturés sont immédiatement envoyés vers un Telegram bot ou un endpoint C2 de l'attaquant
- Replay : importation des cookies dans le navigateur de l'attaquant via des extensions comme Cookie-Editor — accès immédiat au compte M365
Microsoft a introduit des contre-mesures côté plateforme : la Continuous Access Evaluation (CAE) peut révoquer les sessions en temps réel en cas d'anomalie (changement d'IP, device non-conforme). Mais ces mécanismes sont souvent désactivés ou mal configurés dans les environnements M365 sans administrateur dédié.
Détection et contre-mesures techniques : ce qui fonctionne vraiment
Face aux attaques AiTM et BEC de 2026, les contre-mesures purement technologiques doivent être combinées avec des procédures organisationnelles solides.
DMARC, DKIM, SPF : le trio obligatoire
Sans une politique email stricte, n'importe qui peut usurper votre domaine. Le guide ANSSI de sécurisation de la messagerie recommande une configuration DMARC en politique reject comme objectif final.
Configuration DNS complète et correcte :
# SPF : autoriser uniquement les serveurs légitimes à envoyer en votre nom
# Enregistrement DNS TXT sur votre domaine
votre-domaine.fr. 3600 IN TXT "v=spf1 include:spf.protection.outlook.com include:_spf.google.com ip4:203.0.113.0/24 -all"
# -all signifie REJETER tous les autres expéditeurs (strict)
# ~all signifie SOFT FAIL (moins strict, pour migration progressive)
# DKIM : signature cryptographique des emails sortants
# Enregistrement DNS TXT pour la clé publique DKIM (exemple Microsoft 365)
selector1._domainkey.votre-domaine.fr. 3600 IN CNAME selector1-votre-domaine-fr._domainkey.votre-tenant.onmicrosoft.com.
# DMARC : politique d'alignement et reporting
# Phase 1 (monitoring) : aucun impact mais collecte données
_dmarc.votre-domaine.fr. 3600 IN TXT "v=DMARC1; p=none; sp=none; rua=mailto:[email protected]; ruf=mailto:[email protected]; fo=1; adkim=r; aspf=r"
# Phase 2 (quarantaine progressive)
_dmarc.votre-domaine.fr. 3600 IN TXT "v=DMARC1; p=quarantine; pct=25; rua=mailto:[email protected]"
# Phase 3 (rejet strict - objectif final)
_dmarc.votre-domaine.fr. 3600 IN TXT "v=DMARC1; p=reject; sp=reject; rua=mailto:[email protected]; adkim=s; aspf=s"
La migration vers p=reject doit être progressive — un passage brutal peut bloquer des emails légitimes provenant de services tiers qui envoient en votre nom (newsletters, plateformes RH, outils CRM). Analysez les rapports DMARC pendant au moins 30 jours avant chaque passage à l'étape suivante.
Analyse des headers email pour détection des anomalies :
#!/usr/bin/env python3
# Analyse des headers email pour détecter les tentatives de phishing
import email
import re
from email import policy
def analyze_email_headers(raw_email: str) -> dict:
# Analyse les headers email pour détecter les indicateurs de phishing
msg = email.message_from_string(raw_email, policy=policy.default)
findings = []
# Vérification alignement From vs Return-Path (indicateur DMARC)
from_header = msg.get("From", "")
return_path = msg.get("Return-Path", "")
reply_to = msg.get("Reply-To", "")
from_domain = re.search(r'@([\w.-]+)', from_header)
return_domain = re.search(r'@([\w.-]+)', return_path)
if from_domain and return_domain:
if from_domain.group(1).lower() != return_domain.group(1).lower():
findings.append({
"severity": "HIGH",
"indicator": "Domain mismatch From/Return-Path",
"detail": f"From: {from_domain.group(1)} vs Return-Path: {return_domain.group(1)}"
})
# Détection Reply-To différent du From (technique BEC classique)
if reply_to and from_header:
reply_domain = re.search(r'@([\w.-]+)', reply_to)
if reply_domain and from_domain:
if reply_domain.group(1).lower() != from_domain.group(1).lower():
findings.append({
"severity": "CRITICAL",
"indicator": "Reply-To hijacking",
"detail": f"From: {from_domain.group(1)} vs Reply-To: {reply_domain.group(1)}"
})
# Vérification résultats DMARC/SPF/DKIM dans Authentication-Results
auth_results = msg.get("Authentication-Results", "")
if "dmarc=fail" in auth_results.lower():
findings.append({"severity": "CRITICAL", "indicator": "DMARC FAIL", "detail": auth_results})
if "spf=fail" in auth_results.lower():
findings.append({"severity": "HIGH", "indicator": "SPF FAIL", "detail": auth_results})
return {"findings": findings, "risk_score": len([f for f in findings if f["severity"] == "CRITICAL"]) * 3}
# Utilisation
with open("/tmp/suspicious-email.eml") as f:
result = analyze_email_headers(f.read())
print(result)
Politique Conditional Access Microsoft Entra ID pour bloquer les sessions suspectes post-AiTM :
{
"displayName": "Block-AiTM-Suspicious-Sessions",
"state": "enabled",
"conditions": {
"users": {
"includeGroups": ["all-users-group-id"]
},
"applications": {
"includeApplications": ["All"]
},
"signInRiskLevels": ["high", "medium"],
"clientAppTypes": ["browser", "mobileAppsAndDesktopClients"]
},
"grantControls": {
"operator": "OR",
"builtInControls": ["block"]
},
"sessionControls": {
"signInFrequency": {
"value": 1,
"type": "hours",
"isEnabled": true
},
"cloudAppSecurity": {
"cloudAppSecurityType": "monitorOnly",
"isEnabled": true
}
}
}
La configuration Conditional Access doit être complétée par l'activation de Microsoft Entra ID Protection pour la détection des sessions à risque élevé, et par l'intégration avec la surveillance des protocoles email SMTP pour détecter les tentatives de smuggling.
Tableau comparatif : phishing classique vs AiTM vs BEC
| Critère | Phishing classique | AiTM (Reverse Proxy) | BEC |
|---|---|---|---|
| Objectif | Vol de credentials | Capture session token post-MFA | Détournement financier / données |
| Contourne MFA ? | Non (bloqué par MFA) | Oui (SMS OTP, TOTP) | N/A (ingénierie sociale pure) |
| Contourne FIDO2 ? | Non | Non (protection cryptographique domaine) | Oui (pas d'authentification impliquée) |
| Technicité requise | Faible (kits prêts à l'emploi) | Moyenne (configuration proxy) | Faible (ingénierie sociale) |
| Détection possible | Oui (URL, expéditeur) | Difficile (domaine légitime proxifié) | Difficile (email légitime compromis) |
| Remédiation | MFA + formation | FIDO2 + Conditional Access | Procédures vérification + DMARC |
| Impact moyen | Compte compromis | Accès M365 complet | 50k€ à plusieurs M€ par incident |
Indicateurs de compromission et réponse à incident phishing
Quand un utilisateur signale avoir cliqué sur un lien suspect ou entré ses credentials sur une page douteuse, le temps de réaction est critique — une session AiTM peut être utilisée en moins de 5 minutes après la capture.
# Réponse immédiate à un incident phishing M365 (PowerShell)
# 1. Révoquer immédiatement toutes les sessions actives de l'utilisateur compromis
# Nécessite le module Microsoft Graph PowerShell
Connect-MgGraph -Scopes "User.ReadWrite.All"
$userId = "[email protected]"
Revoke-MgUserSignInSession -UserId $userId
# 2. Vérifier les règles de transfert email créées par l'attaquant
Get-InboxRule -Mailbox $userId | Where-Object {$_.ForwardTo -ne $null -or $_.RedirectTo -ne $null}
# 3. Vérifier les applications OAuth autorisées suspectes
Get-MgUserOauth2PermissionGrant -UserId $userId | Select AppDisplayName, Scope
# 4. Analyser les connexions récentes depuis des IPs suspectes
Get-MgAuditLogSignIn -Filter "userPrincipalName eq '$userId'" -Top 50 |
Select-Object CreatedDateTime, IpAddress, Location, RiskLevelDuringSignIn |
Sort-Object CreatedDateTime -Descending
L'article sur le phishing sans pièce jointe complète cette analyse avec les techniques de phishing via QR code et OAuth consent phishing qui ne nécessitent aucun malware pour compromettre un compte. Voir aussi notre guide sur les phishings générés par IA pour comprendre comment les LLMs accélèrent la création de leurres personnalisés.
Questions fréquentes
Le MFA protège-t-il vraiment contre le phishing en 2026 ?
Cela dépend du type de MFA. Les SMS OTP et les applications TOTP (Google Authenticator) ne protègent plus contre les attaques AiTM qui capturent les session tokens après la validation MFA. Seuls les authenticators FIDO2 (YubiKey, passkeys) offrent une protection native par lien cryptographique au domaine. Selon Proofpoint, le rapport 2025 State of the Phish confirme que 89% des organisations ayant subi une compromission de compte utilisaient déjà le MFA.
Comment détecter qu'une campagne de phishing usurpe mon domaine ?
Les rapports DMARC (RUA/RUF) sont votre premier outil — ils vous informent des emails envoyés en votre nom qui échouent à l'alignement SPF/DKIM. Des services comme Google Postmaster Tools, Microsoft JMRP et des agrégateurs DMARC commerciaux (Dmarcian, Valimail) visualisent ces rapports. Pour détecter les domaines sosies (typosquatting), des services comme DNSTwist ou des alertes Certificate Transparency Logs (crt.sh) permettent une surveillance proactive.
Quelle est la différence entre phishing et spear phishing ?
Le phishing classique est une campagne de masse non ciblée — mêmes emails envoyés à des millions de destinataires avec un taux de succès de 0,1 à 1%. Le spear phishing est ciblé sur un individu ou une organisation spécifique, avec un contenu personnalisé construit à partir d'une phase de reconnaissance OSINT — taux de succès observé entre 15 et 30% selon les études. En 2026, la frontière s'efface : les outils d'IA permettent de personnaliser des campagnes à grande échelle, créant un "spear phishing industrialisé".
Comment simuler une campagne de phishing en interne pour former nos équipes ?
Des plateformes comme GoPhish (open-source), KnowBe4 ou Proofpoint Security Awareness Training permettent des simulations contrôlées avec reporting détaillé (taux de clic, taux de saisie de credentials, taux de signalement). L'objectif n'est pas de "piéger" les employés mais de mesurer la maturité et d'adapter la formation. Un programme efficace alterne simulations, formation courte post-clic, et métriques de progression sur 12 mois.
DMARC p=reject bloque-t-il vraiment les attaques BEC ?
DMARC p=reject empêche l'usurpation exacte de votre domaine (ex: [email protected]), mais ne protège pas contre les domaines sosies ([email protected]) ni contre les comptes email légitimes compromis. C'est une protection nécessaire mais insuffisante. La défense complète contre le BEC combine DMARC strict, formation des employés aux procédures de vérification hors-bande, et surveillance Entra ID Protection des comportements de connexion anormaux.
Conclusion
Le spear phishing 2026 n'est plus une menace que les organisations peuvent adresser avec un unique outil défensif. Les kits AiTM ont rendu obsolète le MFA classique. Les campagnes BEC générèrent presque 3 milliards de dollars de pertes en un an. Et l'automatisation par IA démocratise des techniques auparavant réservées aux groupes APT étatiques. Face à cette réalité, la posture défensive doit être multicouche : FIDO2 comme standard MFA, DMARC en p=reject, Conditional Access basé sur le risque, et surtout des procédures organisationnelles qui ne peuvent pas être contournées par de l'ingénierie sociale.
La bonne nouvelle : la majorité des attaques BEC réussies impliquent des cibles qui n'ont pas de procédure de double vérification téléphonique pour les virements. C'est gratuit à mettre en place. Commencez par là.
Votre organisation est-elle prête face aux attaques de spear phishing et BEC 2026 ? Nos consultants réalisent des simulations de phishing ciblées, des audits DMARC/DKIM/SPF et des formations de sensibilisation sur mesure pour vos équipes. Contactez-nous pour évaluer votre niveau de maturité anti-phishing et construire un plan d'action adapté à votre contexte.
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À propos de l'auteur
Ayi NEDJIMI
Auditeur Senior Cybersécurité & Consultant IA
Expert Judiciaire — Cour d'Appel de Paris
Habilitation Confidentiel Défense
[email protected]
Ayi NEDJIMI est un vétéran de la cybersécurité avec plus de 25 ans d'expérience sur des missions critiques. Ancien développeur Microsoft à Redmond sur le module GINA (Windows NT4) et co-auteur de la version française du guide de sécurité Windows NT4 pour la NSA.
À la tête d'Ayi NEDJIMI Consultants, il réalise des audits Lead Auditor ISO 42001 et ISO 27001, des pentests d'infrastructures critiques, du forensics et des missions de conformité NIS2 / AI Act.
Conférencier international (Europe & US), il a formé plus de 10 000 professionnels.
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