Le quishing exploite les QR codes pour contourner les filtres email classiques et voler les sessions MFA. Anatomie d'une attaque AiTM via QR code et stratégies de défense.
TL;DR — En résumé
Le quishing progresse de plus de 340% entre 2024 et 2026, porté par sa capacité à contourner les passerelles de messagerie sécurisée qui n'analysent que du texte et des liens, pas les pixels d'un QR code. Couplée à des proxies AiTM comme EvilProxy ou Evilginx, cette technique intercepte en temps réel identifiants et tokens de session MFA, neutralisant TOTP et SMS puisque le cookie de session légitime est directement dérobé après authentification. Seuls FIDO2 et les passkeys résistent, car la clé cryptographique reste liée à l'origine du domaine réel et devient inutilisable sur un domaine proxy usurpé. Côté détection, les moteurs OCR intégrés à Proofpoint ou Microsoft Defender for Office 365 P2 extraient désormais l'URL encodée avant livraison, mais les vecteurs émergents — QR codes en PDF, variantes Unicode — continuent de tester ces défenses.
Points essentiels
- Un QR code encode une URL invisible aux scanners de liens des passerelles email traditionnelles
- Le volume de campagnes quishing a progressé de plus de 340% entre 2024 et 2026
- Couplé à un proxy AiTM comme Evilginx, le quishing vole le token de session MFA
- FIDO2 et les passkeys résistent au quishing AiTM grâce au lien cryptographique avec l'origine
Le quishing — contraction de QR code et de phishing — s'est imposé en 2025-2026 comme l'un des vecteurs d'hameçonnage les plus redoutables. Là où toute URL insérée dans le corps d'un message est inspectée par les passerelles de messagerie sécurisée et les sandbox, une attaque QR code email échappe à cette analyse : le lien malveillant se dissimule dans une image, illisible pour les moteurs de détection textuelle. Le schéma quishing QR code phishing attaque QR code email déplace en outre la compromission vers le smartphone personnel, terminal rarement supervisé par le SOC. Couplées à des proxys adversary-in-the-middle capables d'intercepter cookies de session et codes MFA, ces campagnes contournent l'authentification multifacteur. Cet article décortique les techniques offensives observées et détaille les défenses techniques et organisationnelles à déployer.
À retenir :
- Le quishing augmente de +340% en 2025-2026 car les QR codes encodent des URL invisibles aux scanners de liens email classiques.
- Combiné à un proxy AiTM (EvilProxy, Evilginx), le quishing capture le token de session MFA et rend la double authentification classique (TOTP, SMS) inefficace.
- La seule défense robuste contre le quishing AiTM est FIDO2/passkeys, car la clé est liée à l'origine du domaine légitime et ne peut pas être réutilisée sur un proxy.
- Les solutions email avec OCR intégré (Proofpoint, Microsoft Defender P2) peuvent extraire et analyser l'URL encodée dans le QR code avant livraison.
Pourquoi les QR codes contournent-ils les filtres email ?
Pour comprendre l'efficacité du quishing, il faut comprendre comment fonctionnent les passerelles de messagerie sécurisée (SEG — Secure Email Gateway). Ces solutions analysent principalement : les pièces jointes (sandbox d'exécution), les URL présentes dans le corps du message (vérification réputation, détonation dans sandbox), et les métadonnées de l'email (expéditeur, headers d'authentification). Un QR code est traité par les SEG comme n'importe quelle image attachée ou intégrée. Sauf si la SEG dispose d'une capacité OCR spécifique pour décoder les QR codes et en extraire l'URL pour analyse, le contenu malveillant reste opaque.
Cette limitation est fondamentale : les URL scanners fonctionnent sur du texte. Un QR code est une matrice de pixels noirs et blancs dont la signification nécessite un décodage. Les SEG traditionnelles (génération pre-2023) ne disposaient tout simplement pas de cette capacité. Même les solutions plus récentes ont des délais de mise à jour de leurs signatures de détection. Les attaquants l'ont parfaitement compris et ont industrialisé la génération de QR codes malveillants dans leurs outils de phishing-as-a-service.
Statistiques 2025-2026 : l'explosion du quishing
Le rapport Cofense 2025 sur les menaces email documente une hausse de 340% des campagnes quishing par rapport à l'année précédente. Proofpoint, dans son rapport State of the Phish 2026, confirme que le quishing est désormais dans le top 5 des techniques d'hameçonnage par volume. Microsoft rapporte que ses outils de sécurité M365 bloquent chaque mois plusieurs millions de tentatives de quishing, avec une accélération nette depuis le T3 2025.
Retour terrain
Dans mes interventions post-incident pour des PME victimes de cyberattaques, la constante est l'absence de plan de réponse : les équipes découvrent ce qu'elles doivent faire en même temps qu'elles le font. J'ai développé un modèle de plan de réponse à incident en 2 pages — actions immédiates (0-2h), actions à court terme (2-24h), communication (interne, clients, CNIL), et reprise d'activité — que les dirigeants peuvent tenir dans leur tiroir. Ce n'est pas un PRIS ISO 27035, c'est un filet de sauvetage minimal pour les 10 premières heures.
Les secteurs les plus ciblés sont la finance, les cabinets d'avocats, les entreprises industrielles et les administrations. La raison est liée au contexte d'usage : ces organisations ont généralement une MFA déployée sur leurs accès (ce qui motive l'utilisation de la technique AiTM) et des processus nécessitant des validations par email. Les attaquants ont notamment ciblé les processus de re-authentification M365 qui génèrent légitimement des QR codes pour l'accès conditionnel, habituant les utilisateurs à scanner des QR codes dans des emails de sécurité.
Mécanisme complet : du QR code à la capture MFA
Étape 1 : Génération du QR code malveillant
L'attaquant génère un QR code encodant l'URL de son proxy AiTM (par exemple https://m365-secure-login.attaquant.com/auth). Cette URL est rendue aussi légitimante que possible : sous-domaine ressemblant à Microsoft, Microsoft Azure ou à l'entreprise cible, certificat TLS valide (Let's Encrypt), et interface de connexion copiée pixel par pixel depuis le portail légitime. Le QR code est intégré dans un email HTML reproduisant fidèlement les communications de sécurité Microsoft, d'un service RH, ou d'une notification de livraison de colis.
Étape 2 : Envoi et contournement des filtres
L'email est envoyé depuis une infrastructure d'envoi légitime (compte compromis, service d'envoi bulk) pour passer les contrôles SPF/DKIM. Le corps de l'email ne contient aucune URL en texte clair — seulement l'image du QR code. Les SEG sans capacité OCR laissent passer l'email. L'objet joue sur l'urgence : "Votre session Microsoft 365 expire dans 24h — Réauthentifiez-vous", "Colis en attente de confirmation identité", "Accès VPN : vérification requise".
Étape 3 : L'utilisateur scanne le QR code avec son smartphone
C'est un élément clé de l'attaque : l'utilisateur scanne le QR code avec son téléphone mobile, un appareil qui n'est généralement pas sous la protection du proxy de sécurité de l'entreprise. Les solutions de filtrage web de l'entreprise ne voient pas la navigation du smartphone personnel. L'URL du proxy AiTM s'ouvre dans le navigateur mobile.
Étape 4 : Proxy AiTM et capture du token MFA
Le proxy AiTM (EvilProxy, Evilginx, Modlishka) se comporte comme un man-in-the-middle transparent. Il présente à l'utilisateur la vraie page de connexion Microsoft (en la proxifiant en temps réel depuis les serveurs Microsoft). L'utilisateur saisit ses identifiants et valide sa MFA normalement. Le proxy capture à la fois les identifiants et le cookie de session (token d'authentification) émis par Microsoft après validation MFA. L'attaquant récupère ce cookie et peut se connecter au compte de la victime depuis n'importe quel appareil sans MFA pendant la durée de vie du token (généralement 24h à plusieurs jours selon la politique de l'organisation).
; Exemple simplifié de ce que voit le proxy AiTM
; L'utilisateur se connecte à : https://m365-auth.attaquant.com/login
; Le proxy relaie vers : https://login.microsoftonline.com/login
; Capture les headers de réponse contenant le cookie de session :
Set-Cookie: ESTSAUTHPERSISTENT=0.AXXX...long_session_token...;
Path=/; Secure; HttpOnly; SameSite=None; Domain=login.microsoftonline.com
Vecteurs d'attaque avancés : au-delà de l'email corporate
QR codes dans pièces jointes PDF
Pour contourner les SEG avec capacité OCR basique sur les images inline, les attaquants ont évolué vers l'encapsulation du QR code dans un document PDF joint à l'email. Le PDF semble être une facture, un bon de livraison ou un formulaire administratif. Le QR code y est présenté comme un "lien de paiement en ligne" ou une "validation de signature électronique". Les solutions d'analyse sandbox doivent ouvrir le PDF, en extraire les images, les décoder et analyser les URL — une chaîne d'analyse complexe que beaucoup de solutions ne complètent pas en temps réel avant livraison.
Affiches physiques et faux QR codes
Le quishing ne se limite pas au vecteur email. Des campagnes documentées ont utilisé des affiches collées sur des bornes de recharge électrique, des menus de restaurant et des formulaires d'enquête de satisfaction dans des hôtels fréquentés par des cadres d'entreprise. Ces QR codes physiques remplacent ou recouvrent des QR codes légitimes et dirigent vers des pages de phishing. Ce vecteur est particulièrement difficile à contrer car il contourne toute infrastructure de sécurité digitale.
QR codes obfusqués et Unicode art
Pour contourner les OCR et les détecteurs de QR codes intégrés aux SEG, des techniques d'obfuscation émergent. Les QR codes avec une densité de correction d'erreur maximale (niveau H) peuvent être partiellement masqués ou altérés tout en restant lisibles par les scanners mobiles. Des techniques utilisant l'Unicode art (caractères Unicode à haute densité visuelle) génèrent des pseudo-QR codes qui trompent les OCR de reconnaissance mais sont décodables par les applications mobiles modernes. La segmentation du QR code sur plusieurs images assemblées côté client en CSS est une autre technique documentée.
Détection : OCR, sandboxing et DNSBL
Analyse OCR dans les SEG modernes
Les solutions SEG de génération récente (Proofpoint TAP, Microsoft Defender for Office 365 Plan 2, Mimecast, Abnormal Security) intègrent désormais une capacité de décodage des QR codes dans les images et les PDF. Lorsqu'un QR code est détecté, l'URL extraite est soumise aux mêmes analyses que les URL textuelles : vérification de réputation, analyse sandbox, suivi de redirections. Microsoft a annoncé en 2025 l'intégration native du décodage QR dans Exchange Online Protection, disponible dans tous les plans M365.
Sandboxing et détonation des URL
Même avec l'extraction de l'URL, les proxies AiTM utilisent des techniques anti-sandbox : détection de User-Agent de robot, vérification de géolocalisation IP (blocage des IP de datacenter), CAPTCHA à l'entrée, délai avant affichage du contenu malveillant. Une stratégie de détection robuste combine la détonation en conditions réalistes (avec un User-Agent de navigateur mobile réel) et la corrélation avec des DNSBL/bases de réputation de domaines de phishing.
Indicateurs de compromission QR (QR IOCs)
Les proxies AiTM laissent des traces distinctives dans les logs : le domaine du proxy présente souvent un certificat Let's Encrypt très récent (moins de 72h), l'URL path ressemble aux URLs d'authentification légitimes mais avec de légères variations, et les headers de réponse HTTP révèlent parfois la technologie de proxy (Nginx en tant que reverse proxy avec configuration spécifique). Des outils comme URLscan.io permettent de soumettre l'URL extraite du QR code pour analyse en environnement sandbox.
Cas réel : campagne MFA bypass M365 via QR — EvilProxy 2025
En 2025, une campagne documentée par plusieurs équipes de threat intelligence a ciblé plusieurs centaines d'entreprises européennes avec une technique quishing combinée à EvilProxy. Les emails se présentaient comme des notifications de "mise à jour obligatoire de la politique de sécurité Microsoft 365" et incluaient un QR code à scanner "depuis votre appareil mobile d'entreprise pour plus de sécurité". L'argument du mobile d'entreprise était habile car les utilisateurs se sentaient en conformité avec la procédure recommandée. Le QR code pointait vers un reverse proxy EvilProxy hébergé sur des VPS en Asie du Sud-Est, enregistrés sous des domaines comme m365-policy-update.com et microsoft-security-compliance.net.
La chaîne complète : utilisateur scanne → arrive sur page de login M365 proxifiée → saisit identifiants + valide MFA → token capturé → attaquant se connecte depuis IP russe → exfiltre emails → installe règle de transfert vers boîte externe → utilise accès pour lancer des attaques BEC internes. Le délai moyen entre la scan du QR et la première activité malveillante dans la boîte compromise était de 4 minutes. La détection n'a eu lieu que 3 semaines plus tard via une alerte UEBA sur les connexions inhabituelles.
Défenses : de la sensibilisation au FIDO2
Désactiver l'aperçu automatique des QR codes
Sur les appareils mobiles professionnels gérés (MDM), il est possible de désactiver la fonctionnalité d'aperçu automatique des QR codes dans les applications email (Outlook Mobile). Une configuration MDM Intune peut imposer l'ouverture des URL QR via un navigateur sécurisé géré plutôt que le navigateur système, permettant le filtrage via les politiques de navigation protégée.
FIDO2/Passkeys : la seule défense contre AiTM
Contre les attaques AiTM par proxy, la MFA classique (TOTP, SMS, push notification) est inefficace car le proxy relaie les codes en temps réel. La seule défense technique robuste est FIDO2 (WebAuthn) avec des clés physiques (YubiKey, clés intégrées aux appareils Windows Hello). La propriété fondamentale de FIDO2 est que la signature cryptographique est liée à l'origine du domaine (l'URL réelle du site). Un proxy AiTM présente un domaine différent de microsoft.com — la clé FIDO2 refuse de s'authentifier, l'attaque échoue même si l'utilisateur est trompé. Les passkeys sur appareils modernes (TPM, Secure Enclave) offrent la même protection.
# Activer FIDO2 comme méthode MFA dans Azure AD / Entra ID
# Via Microsoft Graph API ou Azure AD portal
# Politique d'accès conditionnel : exiger strength FIDO2 pour accès sensibles
$params = @{
"@odata.type" = "#microsoft.graph.fido2AuthenticationMethodConfiguration"
state = "enabled"
isAttestationEnforced = $true
keyRestrictions = @{
isEnforced = $false
enforcementType = "allow"
aaGuids = @()
}
}
Update-MgPolicyAuthenticationMethodPolicyAuthenticationMethodConfiguration `
-AuthenticationMethodConfigurationId "fido2" -BodyParameter $params
Formation ciblée anti-quishing
La sensibilisation doit cibler spécifiquement le comportement de scan de QR : former les utilisateurs à ne jamais scanner un QR code reçu par email avec leur smartphone personnel, à vérifier l'URL affichée avant de la visiter, et à signaler tout email contenant un QR code non attendu. Les simulations de quishing (envoi de QR codes tests avec landing page pédagogique) sont plus efficaces que les formations théoriques.
Réponse en cas d'incident quishing
Si un utilisateur a scanné un QR code suspect et saisi ses identifiants, la procédure d'urgence est identique à celle d'un phishing classique avec compromission de compte : réinitialiser le mot de passe immédiatement, révoquer toutes les sessions actives (Revoke-AzureADUserAllRefreshToken), inspecter les règles de messagerie créées, analyser les logs de connexion des dernières 24h, et vérifier les activités sur les applications autorisées. La rapidité d'action est critique car les tokens de session peuvent avoir une durée de vie de plusieurs heures à plusieurs jours.
Pour les techniques AiTM détaillées et Evilginx, notre article Evilginx et le phishing AiTM qui bypasse la MFA couvre l'infrastructure de proxy en profondeur. La sécurisation de votre tenant M365 contre ces attaques est détaillée dans notre guide durcissement Exchange Online anti-phishing. La récente faille Microsoft 365 Copilot (2025) montre comment les nouvelles surfaces IA deviennent des vecteurs. Notre livre blanc IA et cyberdéfense offre une vision stratégique de ces menaces émergentes.
Les références sectorielles incluent le rapport Cofense 2025 sur le quishing et les recommandations anti-phishing de la CISA qui intègrent désormais les vecteurs QR code.
FAQ — Questions fréquentes sur le quishing
Les solutions de filtre email modernes bloquent-elles vraiment le quishing ?
Les solutions de nouvelle génération avec décodage OCR des QR codes (Microsoft Defender for Office 365 Plan 2, Proofpoint TAP, Abnormal Security) détectent une partie des campagnes de quishing, notamment celles utilisant des URLs présentes dans des bases de réputation connues. Cependant, les attaquants utilisent systématiquement des domaines fraîchement enregistrés (moins de 24h) que ces bases ne connaissent pas encore. La fenêtre de vulnérabilité entre l'enregistrement d'un domaine de phishing et son ajout aux bases de réputation est typiquement de 12 à 48 heures — suffisant pour mener une campagne ciblée. La défense par couches (OCR + réputation + comportemental + FIDO2) reste nécessaire.
Comment détecter qu'un QR code physique a été remplacé par un attaquant ?
La détection d'un QR code physique falsifié est difficile. Quelques indices visuels : un autocollant par-dessus le QR code original, une qualité d'impression différente, un QR code légèrement décalé ou bombé sur une surface plane. Pour les environnements professionnels (bornes de recharge, salles de conférence), une mesure simple est d'imprimer l'URL correspondant à chaque QR code officiel à côté de celui-ci, pour que les utilisateurs puissent vérifier que l'URL affichée correspond. Les QR codes officiels dans des contextes sensibles devraient idéalement être protégés contre la falsification (lamination, hologramme).
Si la MFA a été contournée, combien de temps l'attaquant garde-t-il accès au compte ?
La durée de vie d'un token de session capturé dépend de la politique de durée de session configurée dans votre tenant Azure AD. Par défaut, les tokens d'actualisation Microsoft peuvent être valides de 1 à 90 jours selon les paramètres. Sans politique de durée de session stricte (Conditional Access avec fréquence de connexion configurée à 1h par exemple), un attaquant peut maintenir l'accès pendant des semaines. La révocation via Revoke-AzureADUserAllRefreshToken invalide immédiatement tous les tokens actifs. Configurer une fréquence de réévaluation continue dans les politiques d'accès conditionnel réduit drastiquement cette fenêtre.
Pour aller plus loin
Les concepts présentés dans cet article constituent une base solide pour approfondir le sujet. Ces ressources complémentaires permettent d'aller plus loin dans la compréhension et la mise en pratique.
Ressources officielles de référence
- ANSSI — Guides et recommandations techniques — La bibliothèque technique de l'ANSSI publie régulièrement des guides à jour sur tous les aspects de la sécurité des systèmes d'information. Disponibles gratuitement sur ssi.gouv.fr.
- NIST Cybersecurity Framework — Référentiel international structurant la gestion des risques cyber en 6 fonctions. Version 2.0 publiée en 2024, disponible sur nist.gov.
- MITRE ATT&CK — Base de connaissances des techniques adversariales, régulièrement mise à jour avec les nouvelles menaces observées dans le monde réel.
Formation continue
- Certifications professionnelles reconnues : CISSP, CISM (management), OSCP, CEH (technique)
- Plateformes de formation pratique : HackTheBox, TryHackMe, Hack The Box Academy
- Veille quotidienne : bulletins CERT-FR, alertes CISA, flux RSS NVD
Mise en réseau professionnel
La communauté cybersécurité française est active et ouverte : les clubs RSSI, l'OSSIR, le CLUSIF, et les conférences comme le FIC (Forum International de la Cybersécurité) et les SSTIC sont des points de rencontre essentiels pour les professionnels du secteur. Ces échanges permettent de rester à jour sur les menaces émergentes et les bonnes pratiques réelles.
Synthèse et perspectives 2026
Les techniques et recommandations présentées dans ce guide s'inscrivent dans un contexte de menaces en constante évolution. La cybersécurité offensive et défensive sont deux faces d'une même médaille : comprendre les mécanismes d'attaque est indispensable pour construire des défenses robustes et résilientes face aux acteurs malveillants les plus sophistiqués.
Pour les équipes sécurité, l'enjeu de 2026 est double : maintenir une veille continue sur les nouvelles techniques publiées par la communauté de recherche (CVE, exploit-db, GitHub, Secrech, SSTIC) tout en assurant le durcissement progressif de l'infrastructure existante. Le référentiel MITRE ATT&CK reste le fil conducteur le plus efficace pour structurer un programme de détection et de réponse face aux tactiques, techniques et procédures des groupes APT ciblant les secteurs critiques.
La formation continue des équipes, la simulation régulière d'incidents (exercices tabletop, exercices Red/Blue/Purple Team), et l'automatisation des tâches répétitives via des outils SOAR constituent les piliers d'une organisation cyber mature. Les organisations qui investissent dans ces trois axes démontrent systématiquement de meilleures métriques de détection et de réponse (MTTD et MTTR réduits de 40% en moyenne selon les benchmarks sectoriels) face aux incidents de sécurité.
| Vecteur / Scénario | Technique employée | Pourquoi la détection échoue | Impact | Contre-mesure prioritaire |
|---|---|---|---|---|
| QR code en image PNG/JPEG dans le corps du mail | URL encodée en pixels, aucun lien HTML | Les SEG n'analysent que les balises <a href> et les pièces jointes exécutables | Vol d'identifiants Microsoft 365 / Google Workspace | Décodage OCR/QR côté passerelle puis analyse de l'URL extraite |
| QR code embarqué dans un PDF ou DOCX joint | Faux avis de paiement, note de frais, bulletin RH | Le sandbox ne détecte aucun code actif : le document est inerte | Fraude au virement, compromission de compte | Extraction récursive des images de pièces jointes + scoring d'URL |
| Quishing + proxy AiTM (Evilginx, EvilProxy) | Reverse proxy relayant la vraie page d'authentification | Certificat TLS valide, domaine récent non catégorisé, MFA relayée en temps réel | Vol du cookie de session : MFA OTP/push contournée | FIDO2 / passkeys (lien cryptographique à l'origine) + accès conditionnel |
| Basculement email → smartphone personnel | Scan du QR avec l'appareil photo hors périmètre géré | Ni EDR, ni proxy web, ni filtrage DNS d'entreprise sur le terminal BYOD | Aucune télémétrie : compromission invisible du SOC | MDM/MTD sur mobiles, DNS protecteur, conformité d'appareil obligatoire |
| QR code en ASCII, SVG ou table HTML | Le code est généré côté client, sans fichier image | Les moteurs de détection d'image et le hachage de fichiers sont inopérants | Livraison en boîte de réception quasi systématique | Rendu HTML complet en sandbox puis décodage du visuel obtenu |
| Redirecteurs légitimes et QR dynamiques | Chaîne via raccourcisseurs, Bing/Google redirect, services QR SaaS | Domaine de premier saut réputé fiable ; charge changée après livraison | Contournement des listes de réputation et du time-of-click | Résolution complète des redirections + réévaluation au moment du clic |
| QR malveillant physique (affiche, borne, facture) | Autocollant recouvrant un QR légitime (parking, TPE, badge) | Aucun canal numérique à inspecter : l'attaque naît hors SI | Paiement détourné, installation d'app malveillante | Sensibilisation « vérifier le domaine avant d'ouvrir » + scellés sur supports |
Conclusion
Ce sujet s'inscrit dans un contexte de menaces en constante évolution. La meilleure protection combine veille active, audits réguliers et sécurité by design. Pour approfondir ou évaluer votre exposition, consultez nos experts.
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À propos de l'auteur
Ayi NEDJIMI
Auditeur Senior Cybersécurité & Consultant IA
Expert Judiciaire — Cour d'Appel de Paris
Habilitation Confidentiel Défense
[email protected]
Ayi NEDJIMI est un vétéran de la cybersécurité avec plus de 25 ans d'expérience sur des missions critiques. Ancien développeur Microsoft à Redmond sur le module GINA (Windows NT4) et co-auteur de la version française du guide de sécurité Windows NT4 pour la NSA.
À la tête d'Ayi NEDJIMI Consultants, il réalise des audits Lead Auditor ISO 42001 et ISO 27001, des pentests d'infrastructures critiques, du forensics et des missions de conformité NIS2 / AI Act.
Conférencier international (Europe & US), il a formé plus de 10 000 professionnels.
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