DNSTunnelDetector identifie en temps réel les tunnels DNS Iodine, dnscat2 et les beacons C2 type Cobalt Strike via analyse passive.
TL;DR — En résumé
DNSTunnelDetector combine cinq heuristiques statistiques complémentaires — entropie de Shannon sur les labels, longueur cumulée de subdomain, fréquence d'interrogation, ratio de requêtes TXT/NULL et dispersion temporelle — pour repérer en temps réel les tunnels DNS exploitant Iodine, dnscat2, DNSCat-Powershell, NimDNScat ainsi que les beacons Cobalt Strike Malleable C2 et divers implants APT référencés par MITRE. Publié en open source par Ayi Nedjimi, cet outil Python fonctionne en analyse passive à partir de sources hétérogènes : pcap, journaux Zeek, logs Suricata EVE, exports Cloudflare Resolver, Pi-hole ou Unbound. Les alertes générées sont normalisées au format ECS, garantissant une ingestion directe dans Elastic Security, Wazuh, Splunk ou Microsoft Sentinel. Cette approche multi-features vise à outiller les analystes SOC face à une technique d'exfiltration et de commande-contrôle historiquement difficile à détecter par les moyens classiques.
DNSTunnelDetector est un détecteur Python open source publié sur le portfolio github de Ayi Nedjimi. Il analyse passivement les flux DNS, qu'ils proviennent d'un capteur Zeek, d'un fichier pcap, d'un journal Suricata ou d'un export Cloudflare Resolver, afin d'identifier en temps réel les tunnels DNS et les beacons command and control qui réutilisent ce protocole. L'outil combine plusieurs heuristiques statistiques : entropie de Shannon sur les labels, longueur cumulée de subdomain, fréquence d'interrogation, ratio de requêtes TXT et NULL, dispersion temporelle. Il sait reconnaître les patrons de Iodine, dnscat2, DNSCat-Powershell, Cobalt Strike Malleable C2 DNS, NimDNScat et plusieurs implants APT documentés par MITRE. Les alertes produites sont normalisées en ECS et ingérables dans n'importe quel SIEM. L'objectif est de fournir aux analystes SOC un compagnon spécialisé pour une menace persistante et coûteuse à débusquer.
Points clés à retenir
- • Le DevSecOps intègre la sécurité dès les premières étapes du pipeline de développement
- • Les outils SAST/DAST/SCA automatisent la détection des vulnérabilités avant production
- • Le shift-left security réduit le coût de correction des failles d'un facteur 10 à 100
Points clés
- DNSTunnelDetector détecte Iodine, dnscat2, Cobalt Strike DNS beacon et tunnels APT par analyse passive multi-features.
- Entrées supportées : pcap, Zeek dns.log, Suricata EVE, Resolver query log Cloudflare, Pi-hole et Unbound.
- Heuristiques basées sur entropie de Shannon, longueur de subdomain, distribution des types de requêtes et beaconing temporel.
- Sortie ECS prête pour Elastic Security, Wazuh, Splunk et Microsoft Sentinel.
Pourquoi un détecteur dédié au tunneling DNS
Le DNS est le protocole le plus difficile à inspecter du SI moderne. Il est ouvert sur quasiment tous les périmètres, son débit est généralement non limité et son contenu reste opaque pour les pare-feu classiques. Les attaquants l'utilisent depuis vingt ans pour exfiltrer des données et maintenir un canal de commande furtif. Les outils Iodine et dnscat2, devenus standards offensifs, sont désormais accompagnés de modules natifs dans Cobalt Strike, dans Sliver et dans plusieurs implants d'APT documentés par les agences nationales.
Retour terrain
Lors de mes audits de stack technique, je vois régulièrement des outils open source de sécurité installés mais non maintenus — des versions de Nessus Community, TheHive ou MISP déployées il y a 3 ans sans processus de mise à jour. Un outil de sécurité non patché peut devenir lui-même un vecteur d'attaque. Pour un SOC régional, TheHive 3.x (EOL depuis 2022) avait une CVE critique non patchée permettant une RCE non authentifiée sur l'interface d'administration.
Les solutions DNS Security commerciales fournissent une partie de la réponse mais elles s'appuient majoritairement sur des listes de domaines connus malveillants, ce qui les rend aveugles aux campagnes neuves. DNSTunnelDetector adopte au contraire une approche comportementale : il n'a pas besoin de connaître le domaine pour comprendre qu'un flux DNS est anormal. C'est ce qui le rend complémentaire des solutions de threat intelligence et précieux pour les équipes de threat hunting.
À quoi sert DNSTunnelDetector
L'outil répond à trois cas d'usage principaux. Premier cas, la détection en temps réel sur un capteur réseau ou sur un résolveur récursif. Le module streaming ingère les requêtes au fil de l'eau et publie une alerte dès qu'un client franchit les seuils combinés d'entropie, de longueur et de fréquence. Deuxième cas, l'analyse forensique sur pcap ou sur journal historique. L'outil produit un rapport synthétique listant les couples client-domaine suspects, classés par score de tunnel. Troisième cas, l'enrichissement d'un SIEM existant. Les alertes ECS s'ajoutent aux signaux du SIEM et permettent à l'analyste de prioriser les enquêtes.
Architecture interne et features de détection
Le moteur d'analyse repose sur cinq familles de features extraites pour chaque tuple client source, domaine parent. La première famille concerne l'entropie de Shannon calculée sur les labels du sous-domaine. Un tunnel DNS classique encode du base32 ou du base64, ce qui produit une entropie supérieure à 4,5 bits par caractère, là où un nom de domaine légitime tourne autour de 3 à 3,8 bits.
La deuxième famille étudie la longueur cumulée du subdomain. Les tunnels poussent typiquement entre 80 et 200 caractères par requête pour maximiser le débit. La distribution des longueurs sur un domaine légitime est nettement plus resserrée autour de 10 à 30 caractères.
La troisième famille mesure la fréquence d'interrogation. Un client web ouvre une trentaine de domaines distincts par minute en moyenne mais avec une dispersion temporelle élevée. Un tunnel DNS ouvre quelques dizaines de requêtes vers un domaine unique avec une régularité quasi métronomique, signature caractéristique d'un beacon.
La quatrième famille analyse la distribution des types de requêtes. Un trafic légitime majoritairement composé de A et AAAA avec quelques HTTPS pour les navigateurs Chromium récents. Un tunnel privilégie souvent TXT, NULL ou CNAME pour faire passer plus de données par réponse. L'outil suit également les types rares comme MX ou SOA appelés répétitivement.
La cinquième famille s'intéresse au beaconing temporel. L'algorithme calcule la transformée de Fourier discrète des intervalles entre requêtes pour détecter les périodicités cachées, signature des implants programmés pour appeler toutes les N secondes avec ou sans jitter.
Cas d'usage concrets
Un opérateur d'infrastructure critique a déployé DNSTunnelDetector en aval de ses résolveurs internes pour compléter sa solution DNS security commerciale. En trois semaines, l'outil a identifié un poste sur lequel un assistant développeur installait sans le savoir un add-on VSCode malveillant qui exfiltrait du contenu via un sous-domaine généré aléatoirement. Aucune signature n'existait alors.
Une équipe red team interne a validé la couverture du SOC en exécutant un payload dnscat2 sur un poste isolé. DNSTunnelDetector a remonté l'alerte en moins de quarante secondes, là où la solution commerciale a mis plus de quatre heures avant de classer le domaine comme suspect après corrélation externe.
Un CERT régional intègre l'outil dans sa boîte à outils d'intervention. Lors de l'arrivée chez un adhérent compromis, l'analyste lance DNSTunnelDetector sur les pcap de bordure et obtient en quelques minutes une liste priorisée de domaines à investiguer plus profondément.
Un éditeur SaaS utilise l'outil pour surveiller les comportements DNS de ses propres serveurs cloud. La détection a notamment révélé qu'une bibliothèque tierce embarquée par négligence dans un conteneur effectuait des requêtes DNS répétitives vers un domaine de télémétrie non documenté. L'éditeur a pu retirer la dépendance et préserver la confiance de ses clients.
Enfin, un chasseur de menaces freelance utilise DNSTunnelDetector comme bibliothèque Python pour ses propres notebooks Jupyter d'investigation. Le module se branche naturellement sur un dataframe Pandas, ce qui facilite l'exploration interactive lors d'un incident.
Installation rapide
L'outil tourne sur Python 3.11 et plus. L'installation est volontairement minimale pour permettre un déploiement rapide même sur un poste forensique transitoire.
git clone https://exemple.local/dnstunneldetector.git
cd dnstunneldetector
python3 -m venv .venv
source .venv/bin/activate
pip install -r requirements.txt
# Analyse offline sur pcap
python3 -m dtd.cli analyze --pcap capture.pcap --out alerts.ndjson
# Streaming live sur Zeek
python3 -m dtd.cli stream --zeek-log /opt/zeek/logs/current/dns.log --siem wazuh
Pour un déploiement permanent, un container Docker prêt à l'emploi est fourni avec un volume de configuration. L'outil consomme typiquement moins de 200 Mo de RAM pour un débit de 10 000 requêtes DNS par seconde.
Intégration avec les SIEM et les capteurs réseau
DNSTunnelDetector se branche en aval d'un capteur Zeek, d'un Suricata avec sortie EVE JSON ou d'un export Cloudflare 1.1.1.1 for Teams. Côté sortie, les alertes sont publiables vers un endpoint Wazuh active response, vers une API Elastic Bulk, vers Splunk HEC et vers Microsoft Sentinel Log Analytics. Un fichier d'exemple Logstash et un modèle de table Sentinel sont inclus dans le dépôt.
L'outil produit également un score de risque continu par client interne. Ce score est exposé via une API REST locale et peut alimenter un dashboard Grafana ou un module de réaction automatique sur le pare-feu. Plusieurs intégrations communautaires existent déjà pour pfSense, OPNsense et Fortinet FortiGate.
Comparaison avec les autres outils du marché
Trois familles d'outils traitent la détection de tunneling DNS. Première famille, les solutions commerciales type Cisco Umbrella, Infoblox BloxOne Threat Defense et Akamai DNS Security. Elles s'appuient principalement sur la threat intelligence externe et apportent de la valeur sur les campagnes connues. Deuxième famille, les analyseurs académiques type DNSExfil, dnstweak et helminth analyzer. Ils sont précis mais difficilement déployables en production. Troisième famille, les modules intégrés à Zeek ou à Suricata, efficaces mais limités à un nombre restreint d'heuristiques.
DNSTunnelDetector se positionne entre l'académique et l'industriel : rigoureux dans ses calculs, robuste dans son intégration, exigeant peu de tuning initial. Il n'a pas vocation à remplacer une suite DNS security d'entreprise, mais il offre un filet de sécurité que beaucoup d'organisations négligent encore.
Tuning, allowlist et observabilité
La phase la plus importante après installation est la calibration. L'outil propose un mode learn qui observe le trafic pendant 24 à 72 heures et construit automatiquement une baseline par client. Cette baseline alimente une allowlist dynamique distinguant les domaines à forte cardinalité légitimes des candidats potentiels au tunneling. Les analystes peuvent ensuite affiner les seuils par groupe d'actifs : stations de travail, serveurs, IoT, OT, postes invités. Cette granularité évite la tentation de baisser globalement la sensibilité, ce qui ouvrirait une porte aux attaquants malins.
L'outil expose des métriques Prometheus pour suivre le volume de requêtes analysées, le nombre d'alertes, la distribution des scores et la latence du moteur. Un dashboard Grafana de référence est fourni dans le dépôt. Il permet aux équipes infrastructure de monitorer la santé du détecteur en même temps que la posture DNS de l'organisation.
Limites et roadmap
Les limites principales sont liées à la nature même de la détection comportementale. Les tunnels lents conçus pour rester sous le radar peuvent partiellement échapper aux seuils par défaut. L'outil compense par un mode supervised qui permet à l'analyste de remonter manuellement la sensibilité pour un client spécifique. Les domaines CDN à forte cardinalité comme certains services Microsoft 365 produisent par construction des sous-domaines longs et entropiques. Une allowlist embarquée mitige le problème mais demande de la maintenance.
Un autre angle mort concerne les tunnels qui utilisent des résolveurs publics chiffrés DoH externes type Cloudflare 1.1.1.1 ou Google 8.8.8.8 sans passer par le résolveur interne. Dans ce cas, la visibilité passe par les métadonnées TLS et par la détection des connexions sortantes vers ces résolveurs depuis des clients qui devraient utiliser le résolveur interne. L'outil produit alors une alerte de policy violation plutôt qu'une détection de tunnel mais le résultat opérationnel est équivalent : l'analyste est informé d'un canal sortant non maîtrisé.
La roadmap est articulée autour de quatre axes. Premier axe, ajout d'un modèle gradient boosting entraîné sur les features statistiques pour calibrer un score global plus précis. Deuxième axe, support natif des journaux DNS over HTTPS produits par les résolveurs récursifs DoH locaux. Troisième axe, détection des canaux DoT chiffrés via analyse des métadonnées TLS. Quatrième axe, publication d'un dataset annoté multi-millions de requêtes pour la communauté académique. Un module additionnel d'enrichissement passive DNS via SecurityTrails ou DomainTools est également étudié pour ajouter une couche de contexte sur l'âge et la réputation des domaines suspects identifiés.
FAQ
DNSTunnelDetector fonctionne-t-il sur du DNS chiffré DoH ou DoT ?
Pas directement, puisque le contenu DNS est chiffré. En revanche, si la couche TLS aboutit chez un résolveur interne contrôlé par l'organisation, les journaux post-déchiffrement sont consommables par l'outil. Pour le DoH externe, seule l'analyse des métadonnées de flux TLS reste possible, ce qui constitue un axe de roadmap.
L'outil produit-il beaucoup de faux positifs sur les domaines CDN ?
Sans tuning initial, oui. Une allowlist communautaire couvrant les principaux CDN, Microsoft 365, Apple Push et les services Cloudflare est fournie dès la première version. L'analyste peut compléter cette allowlist en quelques minutes pour son environnement. L'objectif est de viser moins d'une alerte par jour et par 100 postes après calibration.
Faut-il déployer un agent sur les postes pour détecter un tunnel ?
Non. L'outil est entièrement passif. Il consomme les flux DNS existants depuis le résolveur, depuis un capteur réseau ou depuis un export cloud. Aucun agent n'est requis sur les endpoints, ce qui simplifie le déploiement et préserve la confidentialité.
Comment l'outil distingue-t-il dnscat2 d'un beacon Cobalt Strike DNS ?
Par la signature combinée des features. dnscat2 utilise massivement les requêtes TXT et un padding spécifique en début de label. Cobalt Strike avec un profil Malleable C2 DNS varie le nom d'hôte selon un schéma documenté et applique un jitter caractéristique. L'outil n'a pas besoin de nommer l'attaquant : il signale un tunnel DNS et laisse l'analyste qualifier la famille.
Pour aller plus loin
Le code et la documentation de DNSTunnelDetector sont accessibles via le portfolio /github du compte Ayi Nedjimi. Pour contextualiser la menace, consultez l'analyse attaques DNS, tunneling, hijacking et empoisonnement, l'étude exfiltration furtive via DNS et DoH, l'article détection des frameworks C2 Mythic, Havoc et Sliver et le guide déploiement Wazuh SIEM/XDR open source pour la corrélation côté SOC.
Accéder à la ressource
Le projet est publié en open source sur GitHub : github.com/ayinedjimi/DNSTunnelDetector. Les issues, pull requests et discussions y sont ouvertes à la communauté.
📎 Articles complémentaires
Cas d'usage avancés et limites actuelles
L'intelligence artificielle générative offre des possibilités considérables en cybersécurité, mais ses limites actuelles définissent les frontières de son déploiement responsable. Comprendre ces contraintes est indispensable pour éviter les faux espoirs et les risques associés à une confiance excessive dans ces technologies.
Cas d'usage à fort potentiel en 2026
Les applications IA en cybersécurité qui démontrent un ROI mesurable en 2026 : l'analyse de logs et la corrélation d'événements (réduction de 60-80% du temps d'analyse manuel pour les incidents de niveau 1-2 dans les SOC qui ont déployé des assistants IA) ; la génération et l'explication de règles de détection SIEM/EDR (les LLMs fine-tunés sur des données de sécurité génèrent des règles Sigma/KQL fonctionnelles avec un taux d'erreur de 15-20% nécessitant une validation humaine) ; la rédaction accélérée de rapports d'incident et de post-mortems ; et la formation des équipes via des simulations de phishing et des chatbots de sensibilisation personnalisés. Ces cas d'usage partagent une caractéristique commune : l'IA assiste le professionnel humain sans le remplacer.
Limites et risques à maîtriser
Les principales limites des LLMs appliqués à la cybersécurité : les hallucinations (génération de commandes, IOCs ou procédures incorrectes présentées avec assurance) imposent une vérification systématique de toute sortie IA avant utilisation opérationnelle ; la date de coupure des données d'entraînement (un modèle entraîné avant la publication d'une vulnérabilité ne peut pas la connaître) implique une hybridation avec des bases de connaissances à jour ; et les risques de confidentialité (envoyer des informations sensibles — logs d'incidents, données personnelles, code propriétaire — vers des API IA tierces) nécessitent des politiques claires de classification et de traitement des données avant tout déploiement d'outils IA en entreprise.
Gouvernance IA et conformité réglementaire
Le déploiement d'outils d'intelligence artificielle en entreprise s'accompagne désormais d'obligations réglementaires en Europe avec l'entrée en vigueur de l'AI Act. Les organisations déployant des systèmes IA en contexte professionnel doivent intégrer ces exigences dans leur stratégie de gouvernance IA.
AI Act européen : obligations pratiques
L'AI Act distingue quatre niveaux de risque. Les applications IA de cybersécurité entrent généralement dans la catégorie «risque limité» (chatbots, assistants d'analyse), soumises principalement à des obligations de transparence. Les systèmes de scoring de risque ou de prise de décision automatisée affectant des personnes (scoring de crédit, recrutement automatisé, contrôle d'accès biométrique) entrent dans la catégorie «haut risque» avec des obligations substantielles : documentation technique, analyse d'impact, supervision humaine obligatoire, et enregistrement dans la base de données EU. Les obligations s'échelonnent selon les catégories de risque avec des délais de mise en conformité allant jusqu'à 2027 pour les systèmes à haut risque déployés avant août 2026.
Politique IA d'entreprise
Une politique IA d'entreprise efficace couvre quatre dimensions : (1) les usages autorisés et interdits (liste des outils IA approuvés, interdiction des outils non-validés pour les données sensibles) ; (2) la classification des données avant leur envoi vers des services IA (public, interne, confidentiel) ; (3) la vérification obligatoire des sorties IA avant utilisation opérationnelle ; (4) la formation des employés sur les risques spécifiques aux LLMs (hallucinations, jailbreaks, risques de confidentialité). Cette politique, mise à jour trimestriellement face à l'évolution rapide des outils, doit être signée par les employés et intégrée dans les processus d'onboarding des nouveaux collaborateurs.
Bonnes pratiques et recommandations complémentaires
Au-delà des techniques et outils présentés dans cet article, plusieurs principes transverses guident les professionnels de la cybersécurité dans leur approche quotidienne. La défense en profondeur (defense-in-depth) reste le principe fondateur : aucune mesure de sécurité unique n'est suffisante, et la multiplication des couches de protection — même imparfaites individuellement — crée une résilience globale supérieure à la somme de ses parties.
Veille et mise à jour continue
La cybersécurité est un domaine où l'obsolescence est rapide. Une technique ou un outil efficace en 2024 peut être contourné en 2026. Les équipes sécurité maintiennent leur efficacité en s'appuyant sur des sources de veille fiables : bulletins CERT-FR et ANSSI, advisories des éditeurs (Microsoft MSRC, Google Project Zero, Cisco Talos), recherches académiques (USENIX Security, IEEE S&P, CCS), et publications de la communauté (threat intel reports des grands éditeurs, articles de blog de chercheurs reconnus).
Documentation et partage de connaissances
La capitalisation des connaissances est un enjeu organisationnel critique dans les équipes de sécurité. Les runbooks d'investigation, les post-mortems d'incidents, les procédures de réponse documentées, et les bases de connaissance internes permettent de maintenir la cohérence des pratiques indépendamment des rotations d'équipe et de réduire le temps de résolution des incidents récurrents. L'utilisation d'un wiki sécurisé (Confluence, Notion avec contrôles d'accès stricts) pour centraliser ces connaissances est une pratique adoptée par la majorité des équipes SOC matures. La documentation proactive, rédigée juste après les incidents pendant que les détails sont frais, est systématiquement plus précise et utile que la documentation rédigée après coup.
Ressources, outils et veille spécialisée
L'efficacité opérationnelle des équipes de sécurité repose sur la maîtrise des outils adaptés et sur une veille continue sur les évolutions techniques et réglementaires du domaine. Ce panorama recense les ressources incontournables pour approfondir les sujets abordés dans cet article.
Outils open source recommandés
L'écosystème open source de la cybersécurité offre des outils de qualité professionnelle, souvent comparables voire supérieurs aux solutions commerciales sur des cas d'usage spécifiques. Pour la détection et la réponse à incident : OSSEC/Wazuh (HIDS/XDR open source déployé sur plus de 500 000 systèmes), TheHive et Cortex (orchestration et automatisation de la réponse à incident), MISP (partage de threat intelligence, utilisé par plus de 6 000 organisations mondiales). Pour l'analyse forensique : Autopsy (interface graphique pour Sleuth Kit, analyse disque), Volatility 3 (analyse mémoire vive), YARA (création de règles de détection de malwares). Pour l'audit d'infrastructure : OpenSCAP (compliance scanning automatisé), Lynis (audit de durcissement Linux), BloodHound (cartographie des chemins d'attaque Active Directory). Ces outils, maintenus par des communautés actives et adoptés par les grandes entreprises et agences gouvernementales, constituent le socle technique des équipes SOC modernes.
Sources de veille et formation continue
La cybersécurité évolue à un rythme qui impose une veille structurée pour maintenir l'efficacité des défenses. Les sources primaires à surveiller : CERT-FR (bulletins d'alerte et de sensibilisation de l'ANSSI, à intégrer dans les flux de veille en priorité) ; NVD et CISA KEV (catalogue des CVE et des vulnérabilités activement exploitées) ; Microsoft MSRC, Google Project Zero et Cisco Talos (recherche offensive et advisories éditeurs) ; et les publications académiques des conférences SSTIC (France), USENIX Security, IEEE S&P et CCS. Pour la montée en compétences des équipes, les certifications SANS GIAC (GCIH, GPEN, GCFA) offrent le meilleur équilibre entre reconnaissance professionnelle et valeur pratique. Les plateformes d'entraînement TryHackMe et HackTheBox permettent une pratique régulière sur des scénarios réalistes sans risque légal, avec des modules spécifiques adaptés aux profils défensifs (Blue Team Labs) et offensifs (HTB Pro Labs).
Conclusion
Ce sujet s'inscrit dans un contexte de menaces en constante évolution. La meilleure protection combine veille active, audits réguliers et sécurité by design. Pour approfondir ou évaluer votre exposition, consultez nos experts.
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À propos de l'auteur
Ayi NEDJIMI
Auditeur Senior Cybersécurité & Consultant IA
Expert Judiciaire — Cour d'Appel de Paris
Habilitation Confidentiel Défense
[email protected]
Ayi NEDJIMI est un vétéran de la cybersécurité avec plus de 25 ans d'expérience sur des missions critiques. Ancien développeur Microsoft à Redmond sur le module GINA (Windows NT4) et co-auteur de la version française du guide de sécurité Windows NT4 pour la NSA.
À la tête d'Ayi NEDJIMI Consultants, il réalise des audits Lead Auditor ISO 42001 et ISO 27001, des pentests d'infrastructures critiques, du forensics et des missions de conformité NIS2 / AI Act.
Conférencier international (Europe & US), il a formé plus de 10 000 professionnels.
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