En bref

  • Des cybercriminels exploitent la fuite accidentelle du code source de Claude Code pour piéger les développeurs curieux
  • De faux dépôts GitHub distribuent le stealer Vidar et le proxy GhostSocks via une archive piégée
  • Tout développeur ayant téléchargé un prétendu « Claude Code déverrouillé » doit immédiatement scanner sa machine

Ce qui s'est passé

Points clés à retenir

  • Ce qui s'est passé
  • Pourquoi c'est important
  • Ce qu'il faut retenir

Le 31 mars 2026, Anthropic a accidentellement exposé le code source complet côté client de Claude Code : un fichier source map de 59,8 Mo s'est glissé par erreur dans le paquet npm publié sur le registre officiel. Cette fuite a révélé 513 000 lignes de TypeScript non obfusqué réparties sur 1 906 fichiers, dévoilant la logique d'orchestration de l'agent, son système de permissions et son moteur d'exécution des commandes, selon BleepingComputer. Si l'éditeur a rapidement retiré le paquet fautif, le mal était fait : des acteurs malveillants ont aussitôt exploité l'engouement des développeurs pour republier ce code sur GitHub. La campagne Claude Code Vidar malware GitHub s'appuie ainsi sur des dépôts piégés qui promettent une version « open source » de l'outil, mais installent en réalité l'infostealer Vidar, spécialisé dans le vol d'identifiants et de cookies de session.

Des acteurs malveillants ont immédiatement saisi l'opportunité. Un dépôt GitHub publié par l'utilisateur « idbzoomh » propose un faux leak promettant des « fonctionnalités entreprise déverrouillées » et aucune restriction d'utilisation. Le dépôt est optimisé pour les moteurs de recherche et apparaît parmi les premiers résultats Google pour des requêtes comme « leaked Claude Code », d'après l'analyse de BleepingComputer.

Les utilisateurs qui téléchargent l'archive 7-Zip y trouvent un exécutable Rust nommé ClaudeCode_x64.exe. Une fois lancé, ce dropper déploie Vidar, un infostealer bien connu du milieu cybercriminel, accompagné de GhostSocks, un outil de proxy réseau permettant aux attaquants de router leur trafic à travers les machines compromises. Les données volées incluent les identifiants navigateur, les cookies de session et les portefeuilles de cryptomonnaies.

Pourquoi c'est important

Cette campagne illustre parfaitement comment les fuites de code d'outils IA populaires deviennent des vecteurs d'attaque par ingénierie sociale. Les développeurs, naturellement curieux de comprendre le fonctionnement interne de Claude Code, constituent une cible de choix : leurs machines contiennent souvent des clés API, des tokens d'accès et des credentials cloud à haute valeur.

Le fait que Vidar soit couplé à GhostSocks aggrave le risque : non seulement les données sont exfiltrées, mais la machine compromise devient un nœud de proxy pour d'autres activités malveillantes. Ce type de chaîne d'attaque supply chain ciblant les développeurs s'est multiplié en 2026, après les incidents npm Axios et les faux paquets PyPI.

Ce qu'il faut retenir

  • Ne jamais télécharger de code source « leaké » depuis des dépôts GitHub non vérifiés, surtout s'il promet des fonctionnalités déverrouillées
  • Les développeurs ayant recherché « leaked Claude Code » sur Google doivent vérifier leur historique de téléchargements et scanner leur système
  • Utiliser des outils de détection EDR et surveiller les connexions réseau sortantes inhabituelles, signature typique de GhostSocks

Comment savoir si ma machine est infectée par Vidar ?

Recherchez la présence de processus suspects dans le gestionnaire de tâches, vérifiez les connexions réseau sortantes inhabituelles avec netstat ou Wireshark, et lancez un scan complet avec un antivirus à jour. Vidar laisse généralement des traces dans les dossiers temporaires et modifie les bases de données des navigateurs pour exfiltrer les credentials stockés.

Cette technique n'est pas isolée : elle s'inscrit dans une escalade documentée du malvertising ciblant les développeurs via de faux outils IA. Depuis 2025, des campagnes similaires ont visé de fausses extensions VS Code, de faux paquets npm imitant des SDK OpenAI ou Hugging Face, et des dépôts GitHub usurpant des projets open source populaires. Selon le rapport State of Malware 2026 de plusieurs éditeurs, les infostealers représentent désormais plus de 35 % des charges utiles distribuées via des dépôts de code piégés, contre moins de 15 % en 2023 — une progression directement corrélée à l'essor des outils de développement assistés par IA, devenus une cible de choix pour les cybercriminels en raison de la valeur des identifiants qu'ils permettent de siphonner.

Le choix spécifique de Vidar n'est pas anodin. Ce stealer, actif depuis 2018 et vendu en mode Malware-as-a-Service sur les forums russophones, s'est imposé comme l'un des infostealers les plus rentables du marché grâce à sa capacité à exfiltrer simultanément identifiants de navigateurs, portefeuilles crypto, sessions Discord/Telegram et tokens d'authentification cloud (AWS, Azure, GCP). Son association avec GhostSocks — un service de proxy résidentiel bâti sur les machines infectées — permet en outre aux attaquants de revendre l'accès réseau à d'autres groupes malveillants, transformant chaque poste de développeur compromis en actif monétisable sur plusieurs fronts. Pour les cabinets de conseil, ESN et éditeurs de logiciels, l'incident illustre un risque systémique : un seul poste de développeur infecté peut exposer des clés API de production, des accès à des dépôts de code privés et des secrets d'infrastructure, avec un potentiel d'escalade vers une compromission de la chaîne d'approvisionnement logicielle.

Signes techniques d'une infection Vidar

  • Processus suspects : présence d'un exécutable inconnu type ClaudeCode_x64.exe ou variantes dans le Gestionnaire des tâches, souvent lancé depuis un dossier temporaire (%TEMP%, %APPDATA%) plutôt qu'un répertoire d'installation standard
  • Connexions réseau anormales : trafic sortant chiffré vers des serveurs de commande et contrôle (C2), fréquemment via des ports non standards ou du trafic Telegram/Steam détourné utilisé par Vidar pour dissimuler ses communications
  • Modifications de navigateur : déconnexions inexpliquées de comptes, sessions expirées de façon répétée, ou alertes de connexion suspecte reçues sur des services tiers (GitHub, npm, cloud providers)
  • Activité de proxy résiduelle : ralentissement réseau inexpliqué ou apparition de GhostSocks comme service ou tâche planifiée persistante

En cas de doute, il est recommandé d'exécuter un scan complet avec un antivirus à jour (Windows Defender, Malwarebytes ou équivalent), de vérifier les processus actifs via un outil comme Process Explorer, et surtout de révoquer immédiatement tous les tokens, clés API et credentials stockés sur la machine potentiellement compromise — la simple suppression du malware ne suffit pas si les identifiants ont déjà été exfiltrés vers l'infrastructure des attaquants.

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Sources et références