Deux anciens professionnels de la cybersécurité américains ont plaidé coupable pour leur rôle d'affiliés du ransomware BlackCat/ALPHV. Ils risquent 20 ans de prison.
En bref
- Deux anciens professionnels de la cybersécurité américains ont plaidé coupable pour leur participation aux attaques du ransomware BlackCat/ALPHV.
- Ryan Goldberg (ex-Sygnia) et Kevin Martin (ex-DigitalMint) ont ciblé plusieurs entreprises américaines entre mai et novembre 2023.
- Ils risquent jusqu'à 20 ans de prison chacun, un signal fort contre les menaces internes dans le secteur cyber.
Ce qui s'est passé
Ryan Clifford Goldberg, 33 ans, ancien responsable de la réponse aux incidents chez Sygnia, et Kevin Tyler Martin, 28 ans, ancien négociateur de rançons chez DigitalMint, ont plaidé coupable de conspiration en vue d'extorsion devant un tribunal fédéral américain. Les deux hommes opéraient comme affiliés du groupe de ransomware BlackCat (aussi connu sous le nom ALPHV), l'un des gangs de rançongiciels les plus prolifiques de ces dernières années, selon BleepingComputer et SecurityWeek.
Entre mai et novembre 2023, Goldberg et Martin, accompagnés d'un troisième complice, ont compromis les réseaux de plusieurs entreprises américaines. Ils reversaient 20 % des rançons obtenues aux opérateurs de BlackCat en échange de l'accès à la plateforme de ransomware et aux outils d'extorsion. L'ironie est saisissante : Goldberg était censé aider les entreprises à se remettre d'attaques par ransomware dans le cadre de son travail chez Sygnia, tandis que Martin négociait des paiements de rançon pour le compte de victimes chez DigitalMint.
Goldberg est en détention fédérale depuis septembre 2023. Les deux accusés risquent jusqu'à 20 ans de prison. Cette affaire met en lumière le risque posé par les professionnels ayant accès aux systèmes les plus sensibles de leurs clients et une connaissance intime des défenses en place.
Pourquoi c'est important
Cette affaire illustre un angle mort majeur de la cybersécurité : la menace interne provenant de professionnels de confiance. Les entreprises de réponse aux incidents et de négociation de rançons disposent d'accès privilégiés aux réseaux de leurs clients au moment où ceux-ci sont les plus vulnérables. Un ancien incident responder qui connaît les failles, les procédures de réponse et les capacités de détection d'une organisation représente une menace particulièrement redoutable. Cette condamnation envoie un message dissuasif, mais elle soulève aussi des questions sur le contrôle des habilitations et la supervision des prestataires de sécurité.
Ce qu'il faut retenir
- Des professionnels de la cybersécurité disposant d'accès privilégiés ont exploité leur position de confiance pour mener des attaques par ransomware.
- Le risque d'insider threat est particulièrement élevé dans les sociétés de réponse aux incidents, qui accèdent aux systèmes critiques de leurs clients.
- Les entreprises doivent renforcer les contrôles sur les prestataires de sécurité : vérification des antécédents, cloisonnement des accès, et journalisation systématique des actions des intervenants externes.
Comment se protéger contre les menaces internes dans la cybersécurité ?
Plusieurs mesures réduisent le risque : appliquer le principe du moindre privilège aux prestataires externes, journaliser toutes les actions réalisées sur les systèmes critiques, effectuer des vérifications d'antécédents approfondies, et mettre en place une rotation régulière des intervenants. Il est également recommandé d'utiliser des solutions PAM (Privileged Access Management) pour contrôler et enregistrer les sessions d'accès des consultants en réponse aux incidents.
Besoin d'un accompagnement expert ?
Ayi NEDJIMI vous accompagne sur vos projets cybersécurité et IA.
Articles connexes :
À propos de l'auteur
Ayi NEDJIMI
Auditeur Senior Cybersécurité & Consultant IA
Expert Judiciaire — Cour d'Appel de Paris
Habilitation Confidentiel Défense
ayi@ayinedjimi-consultants.fr
Ayi NEDJIMI est un vétéran de la cybersécurité avec plus de 25 ans d'expérience sur des missions critiques. Ancien développeur Microsoft à Redmond sur le module GINA (Windows NT4) et co-auteur de la version française du guide de sécurité Windows NT4 pour la NSA.
À la tête d'Ayi NEDJIMI Consultants, il réalise des audits Lead Auditor ISO 42001 et ISO 27001, des pentests d'infrastructures critiques, du forensics et des missions de conformité NIS2 / AI Act.
Conférencier international (Europe & US), il a formé plus de 10 000 professionnels.
Domaines d'expertise
Ressources & Outils de l'auteur
Articles connexes
TeamPCP : 170 packages npm et PyPI piégés pour vider vos pipelines CI/CD
Le groupe TeamPCP a compromis 170 packages npm et PyPI en mai 2026 — TanStack, Mistral AI, UiPath, OpenSearch — publiant 404 versions malveillantes pour dérober tokens, clés API et secrets CI/CD de milliers de pipelines.
CVE-2026-31431 « Copy Fail » : root sur tout Linux depuis 2017 en 732 octets
CVE-2026-31431 alias Copy Fail est une LPE vieille de 9 ans dans le noyau Linux permettant d'obtenir les droits root via un script Python de 732 octets. CVSS 7.8, exploitation active, CISA KEV — toutes les distributions depuis 2017 sont vulnérables.
Canvas : ShinyHunters vole 3,65 To et 275 millions d'identités éducatives
ShinyHunters a compromis Instructure, éditeur du LMS Canvas, en exfiltrant 3,65 To couvrant 275 millions d'utilisateurs dans 8 809 institutions mondiales — la plus grande fuite du secteur éducatif jamais enregistrée.
Un projet cybersécurité ? Parlons-en.
Pentest, conformité NIS 2, ISO 27001, audit IA, RSSI externalisé… nos experts répondent sous 24h pour évaluer votre besoin.
Commentaires (1)
Laisser un commentaire