Depuis juin 2024, Safran impose AirCyber Bronze à tous ses fournisseurs directs dans le cadre du programme SAFe. Découvrez ce que cela implique, les risques en cas de non-conformité et les….
TL;DR — En résumé
Depuis juin 2024, Safran conditionne le maintien de ses contrats à l'obtention du label AirCyber Bronze par tous ses fournisseurs directs, via le programme SAFe (Safran Fournisseurs). Cette exigence marque une rupture avec les pratiques antérieures : la simple auto-déclaration de conformité ne suffit plus, un label vérifié devient contractuellement obligatoire. Les entreprises non conformes s'exposent à un risque réel de déréférencement et de perte de marché, le contact officiel du programme étant [email protected]. Des subventions couvrant jusqu'à 70 % des coûts de mise en conformité existent pour accompagner la démarche. Cette dynamique, initiée par Safran, pourrait rapidement s'étendre à d'autres donneurs d'ordres du secteur comme Airbus, Dassault Aviation ou Thales.
Points essentiels
- Ce que signifie concrètement l'obligation Safran AirCyber Bronze
- Risques en cas de non-conformité
- Les 3 étapes immédiates pour les fournisseurs Safran
- Quelle aide est disponible pour se conformer
- Airbus, Dassault, Thales : vers une obligation similaire ?
À retenir
- Ce que signifie concrètement l'obligation Safran AirCyber Bronze
- Risques en cas de non-conformité
- Les 3 étapes immédiates pour les fournisseurs Safran
- Quelle aide est disponible pour se conformer
- Airbus, Dassault, Thales : vers une obligation similaire ?
Depuis juin 2024, Safran — l'un des trois premiers groupes aéronautiques et de défense mondiaux, co-fondateur de BoostAerospace aux côtés d'Airbus, Dassault Aviation et Thales — impose formellement la labellisation AirCyber Bronze à l'ensemble de ses fournisseurs directs. Ce niveau AirCyber Bronze obligatoire Safran fournisseur s'inscrit dans le programme de sécurisation de la supply chain SAFe (Safran Fournisseurs) et transforme la cybersécurité en critère contractuel au même titre que la qualité ou les délais. Concrètement, tout partenaire référencé doit désormais démontrer la maîtrise d'une trentaine de bonnes pratiques couvrant la gouvernance, la protection des postes, la sauvegarde et la gestion des incidents. Ce guide détaille les exigences réelles du palier Bronze, la méthode d'auto-évaluation sur la plateforme AirCyber, les preuves attendues lors de l'audit et les délais à anticiper pour obtenir le label sans bloquer vos commandes.
Points clés à retenir
- • La conformité ISO 27001 est un processus continu, pas une certification ponctuelle
- • L'implication de la direction est le facteur clé de succès de tout SMSI
- • Les 93 contrôles de l'Annexe A couvrent tous les domaines de la sécurité organisationnelle
À retenir
AirCyber Bronze est désormais une condition contractuelle chez Safran. Le contact officiel du programme est [email protected]. Ne pas engager la démarche dans les délais impartis expose au risque de déréférencement et de perte de contrats. Des subventions couvrant jusqu'à 70 % des coûts sont disponibles.
Ce que signifie concrètement l'obligation Safran AirCyber Bronze
Le programme SAFe (Safran Fournisseurs) traduit la volonté du groupe de sécuriser l'ensemble de sa chaîne d'approvisionnement contre les cybermenaces. Avec plus de 12 000 fournisseurs dans 60 pays, Safran est conscient que sa propre sécurité dépend de celle de ses partenaires — une compromission chez un sous-traitant peut permettre à un attaquant d'atteindre les systèmes de Safran via un mouvement latéral.
Retour terrain
Dans mes missions de conformité, j'observe que les entreprises sous-estiment systématiquement le délai de mise en œuvre des mesures techniques. Les mesures organisationnelles (politiques, procédures) s'écrivent en semaines ; les mesures techniques (segmentation réseau, chiffrement, MFA) se déploient en mois. Pour un plan de mise en conformité réaliste, je multiplie toujours les estimations initiales des équipes IT par 2,5 — et je n'ai jamais eu à réduire ce coefficient.
Concrètement, l'obligation signifie que vos acheteurs Safran peuvent désormais vous demander à tout moment de justifier de votre niveau AirCyber. Le programme a été officiellement notifié aux fournisseurs par courrier en juin 2024, avec des délais de mise en conformité qui varient selon le niveau de criticité de votre fourniture. Le contact officiel pour toute question relative au programme est : [email protected].
Les fournisseurs sont généralement classés en trois catégories de criticité, déterminant les délais accordés : fournisseurs critiques (accès aux SI Safran, fournitures de sécurité) — délai court ; fournisseurs importants (composants majeurs) — délai intermédiaire ; fournisseurs standards — délai plus long. Si vous n'avez pas encore été notifié, contactez directement votre acheteur Safran ou le programme SAFe pour connaître votre classification.
Risques en cas de non-conformité
Les conséquences d'une non-conformité à l'obligation AirCyber Bronze chez Safran sont graduées mais potentiellement sévères.
Dans un premier temps, votre entreprise peut être placée en liste d'observation, avec un plan d'actions exigé et des visites de suivi. Si aucune démarche n'est engagée, le risque de déréférencement (exclusion du panel fournisseurs) est réel. Dans les appels d'offres, les entreprises non labellisées peuvent se voir disqualifiées au stade de la qualification fournisseur. Enfin, une cyberattaque touchant votre entreprise et se propageant à Safran pourrait engager votre responsabilité contractuelle si vous n'aviez pas respecté vos obligations de sécurité.
Il est important de noter que Safran n'est pas seul dans cette démarche. Airbus, Dassault Aviation et Thales — les trois autres fondateurs de BoostAerospace — ont tous intégré AirCyber dans leurs grilles d'évaluation fournisseurs et s'orientent vers des obligations similaires. Être labellisé Bronze protège donc vos relations commerciales avec l'ensemble de la filière, pas seulement avec Safran.
Les 3 étapes immédiates pour les fournisseurs Safran
Si vous êtes fournisseur Safran et n'avez pas encore engagé votre démarche AirCyber, voici les trois actions à mener en priorité absolue.
Étape 1 — Contactez le programme SAFe et clarifiez votre délai
Écrivez à [email protected] en indiquant votre numéro de fournisseur et en demandant votre classification et le délai qui vous est accordé. Conservez toutes les communications écrites. Cette démarche proactive est bien perçue par les acheteurs Safran et peut vous accorder du temps supplémentaire.
Étape 2 — Réalisez l'auto-évaluation AirCyber
Accédez au portail BoostAerospace AirCyber et complétez le questionnaire d'auto-évaluation. Ce bilan initial vous donnera une image claire de votre niveau de maturité actuel et des écarts à combler. Planifiez cette auto-évaluation dans les deux semaines suivant la réception de votre notification Safran.
Étape 3 — Lancez votre plan de remédiation et cherchez des financements
Sur la base de l'auto-évaluation, établissez un plan de remédiation priorisé et identifiez les financements disponibles. Le diagnostic AirCyber coûte environ 8 800 € HT, subventionnable à 50 % via France Relance. France 2030 Cyber PME permet d'obtenir jusqu'à 70 % des dépenses de sécurisation. Consultez notre article détaillé sur les financements AirCyber disponibles pour les PME.
Quelle aide est disponible pour se conformer
La filière aéronautique a mis en place plusieurs dispositifs d'aide pour faciliter la mise en conformité des PME. Le GIFAS (Groupement des Industries Françaises Aéronautiques et Spatiales) et l'UIMM proposent des accompagnements mutualisés permettant à plusieurs PME de partager les coûts d'un assesseur ou d'une formation.
Les clusters régionaux — Aerospace Valley (Nouvelle-Aquitaine/Occitanie) et Normandie AeroEspace — organisent régulièrement des sessions collectives d'information et de préparation à AirCyber. Ces événements sont souvent gratuits pour les membres et permettent de rencontrer des assesseurs accrédités.
Notre équipe propose un accompagnement AirCyber spécifiquement adapté aux fournisseurs Safran, avec une connaissance approfondie des exigences SAFe et des délais à respecter. Retrouvez toutes nos ressources dans le centre de ressources AirCyber, incluant le guide complet de la labellisation Bronze.
Pour préparer votre audit, consultez la checklist des 44 mesures ANSSI et la liste des documents obligatoires pour l'audit.
Le référentiel Guide d'Hygiène Informatique de l'ANSSI est téléchargeable gratuitement et constitue la base technique des 44 mesures Bronze.
Airbus, Dassault, Thales : vers une obligation similaire ?
La question est sur toutes les lèvres dans la supply chain. La réponse courte est : oui, c'est une tendance de fond irréversible. Airbus a intégré AirCyber dans son programme AirSupply de qualification fournisseurs. Dassault Aviation évalue ses fournisseurs sur la base du référentiel AirCyber depuis 2022. Thales pousse ses fournisseurs vers AirCyber dans le cadre de son programme Cyber@TS.
Depuis la reconnaissance d'AirCyber comme référentiel mondial par l'Aviation ISAC en septembre 2023 à Dublin, la pression internationale s'ajoute à la pression domestique. Les donneurs d'ordres américains (Boeing, Lockheed Martin, Raytheon) commencent à référencer AirCyber comme équivalent au CMMC (Cybersecurity Maturity Model Certification) américain pour leurs fournisseurs européens.
FAQ — AirCyber Bronze et obligation Safran
Mon entreprise a 12 salariés, suis-je vraiment concerné par l'obligation Safran ?
Oui. L'obligation Safran s'applique à tous les fournisseurs directs, quelle que soit leur taille. Il n'existe pas d'exemption pour les TPE ou les microentreprises. Cependant, les mesures AirCyber Bronze sont dimensionnées pour être accessibles même aux très petites entreprises, et les financements disponibles (France Relance, France 2030) s'appliquent aux entreprises jusqu'à 90 M€ de CA, donc couvrent la quasi-totalité des fournisseurs concernés.
Quel délai réaliste pour obtenir le Bronze si je commence aujourd'hui ?
En partant de zéro, le processus complet prend de 3 à 6 mois : auto-évaluation (2 semaines), plan de remédiation (1 à 2 semaines), mise en œuvre des mesures (2 à 4 mois), puis audit par l'assesseur (planning à anticiper car les assesseurs sont souvent bookés 4 à 8 semaines à l'avance). Si votre entreprise a déjà une démarche de sécurité en place (ISO 27001, PSSI existante, etc.), ce délai peut être réduit à 2 à 3 mois.
Que se passe-t-il si je ne l'obtiens pas avant le délai Safran ?
Si vous êtes engagé dans la démarche et pouvez le prouver (auto-évaluation réalisée, plan de remédiation formalisé, assesseur mandaté), Safran accordera généralement un délai supplémentaire. Ce qui est rédhibitoire, c'est l'absence totale de démarche. Dans ce cas, le risque de déréférencement dans les prochains appels d'offres est réel. Communiquez proactivement avec votre acheteur Safran et le programme SAFe pour montrer votre engagement.
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Découvrir notre accompagnement AirCyber →Mise en œuvre pratique : étapes et livrables
La conformité réglementaire génère une documentation substantielle qui doit être maintenue à jour et accessible lors des audits. Une organisation structurée de ces livrables simplifie considérablement les exercices de conformité et réduit le temps consacré à leur préparation.
Livrables documentaires essentiels
Quel que soit le référentiel de conformité concerné, les livrables fondamentaux incluent : un registre des traitements (obligatoire RGPD, utile pour tout SMSI) maintenu par le DPO ou le RSSI ; une politique de sécurité de l'information (PSI ou PSSI) approuvée par la direction et diffusée à tous les collaborateurs ; des procédures opérationnelles documentées pour les processus critiques (gestion des incidents, accès privilégiés, sauvegardes) ; un plan de continuité d'activité (PCA) testé annuellement ; et des rapports d'audit internes et de revue de direction formalisés. Ces documents constituent le «squelette» du SMSI et sont systématiquement vérifiés lors des audits de certification.
Gouvernance et responsabilités
La conformité réglementaire est un effort collectif qui ne peut pas reposer uniquement sur le RSSI ou le DPO. Une gouvernance efficace définit clairement les rôles : le COMEX assume la responsabilité globale de la conformité (risque financier et réputationnel) ; les DSI et RSSI mettent en œuvre les mesures techniques ; les métiers identifient les données et processus critiques à protéger ; et les DPO/compliance officers assurent la cohérence réglementaire. Les comités de sécurité trimestriels, impliquant toutes ces parties prenantes, garantissent l'alignement entre les exigences réglementaires et les capacités opérationnelles de l'organisation. Le suivi des actions de remédiation dans un outil de GRC (Governance, Risk & Compliance) formalise ce processus et facilite la production des preuves d'audit.
Sanction et contrôle : ce que les autorités vérifient
Comprendre les priorités de contrôle des autorités de régulation permet aux organisations de concentrer leurs efforts sur les domaines qui font l'objet d'une surveillance accrue. Les autorités de supervision (CNIL, ANSSI, ACP pour le secteur bancaire, HAS pour le secteur santé) publient régulièrement leurs priorités de contrôle.
Priorités de contrôle 2025-2026
Les domaines prioritaires identifiés par les autorités françaises pour 2025-2026 : la sécurité des données de santé (contrôles HDS en forte augmentation suite aux incidents hospitaliers) ; l'IA et le traitement des données personnelles (CNIL a annoncé 300 mises en demeure liées à l'IA en 2025) ; les sous-traitants et tiers (vérification des DPA et des audits de sécurité des fournisseurs) ; et la notification des violations de données dans les délais légaux (72h RGPD, 24h NIS 2 pour les entités essentielles). Les organisations qui documentent proactivement leur conformité dans ces domaines réduisent significativement leur exposition aux sanctions et bénéficient généralement d'une procédure d'audit moins contraignante.
Programme de préparation aux audits
Un programme structuré de préparation aux audits réduit le stress et améliore les résultats. Douze mois avant un audit de certification : gap analysis interne pour identifier les non-conformités. Six mois avant : corrections des écarts majeurs et préparation de la documentation. Trois mois avant : audit blanc interne conduit par un consultant externe indépendant. Un mois avant : formation des équipes sur les procédures et livrables à présenter. Cette approche systématique, validée par des centaines d'organisations certifiées ISO 27001, transforme l'audit de certification d'une épreuve redoutée en une validation formelle d'un travail déjà accompli.
Synthèse et feuille de route conformité
La conformité réglementaire est un processus continu, non un projet ponctuel. Les organisations qui abordent ISO 27001, NIS 2, RGPD ou HDS comme des certifications à obtenir une fois pour toutes échouent systématiquement lors des audits de renouvellement. La clé du succès est l'intégration des exigences réglementaires dans les processus opérationnels quotidiens, non leur traitement comme des obligations externes.
En pratique, les organisations matures en matière de conformité fonctionnent avec un SMSI vivant : des revues de direction trimestrielles, un audit interne annuel, des exercices de gestion de crise bi-annuels, et une veille réglementaire hebdomadaire. Le coût de la conformité maintenue en continu est significativement inférieur au coût d'une remise à niveau précipitée avant un audit ou une notification de violation. Les amendes CNIL, les pénalités NIS 2, et les pertes de contrats liées à une non-conformité documentée représentent des risques financiers et réputationnels mesurables que la gouvernance de direction doit intégrer dans l'analyse des risques métier.
Points d'attention avancés pour les auditeurs et RSSI
Au-delà de la conformité de surface, les auditeurs expérimentés et les RSSI cherchent à évaluer la robustesse réelle du dispositif de sécurité. Ce niveau d'analyse requiert de dépasser la vérification documentaire pour s'intéresser à l'efficacité opérationnelle des contrôles.
Pièges courants dans les audits de conformité
Plusieurs patterns d'échec reviennent régulièrement lors des audits de renouvellement. La conformité sur papier sans effectivité opérationnelle : des politiques formalisées mais non appliquées, des procédures documentées mais inconnues des équipes, des contrôles déclarés actifs mais non supervisés. La dérive post-certification : les organisations qui traitent la certification comme une fin en soi plutôt que comme un jalons d'un processus continu connaissent systématiquement une dégradation de leur posture sécurité entre deux audits. La gestion insuffisante des tiers : plus de 60% des violations impliquent un fournisseur ou un prestataire, mais les contrats de sous-traitance et les audits tiers sont souvent les parents pauvres des programmes de conformité. Adresser ces trois points avant l'audit réduit significativement le risque de non-conformité majeure.
Métriques de maturité à présenter en audit
Les auditeurs modernes s'intéressent aux indicateurs de fonctionnement réel du SMSI plutôt qu'à la simple existence des documents. Préparer : statistiques de gestion des incidents sur 12 mois (nombre, délai de traitement, taux de récidive) démontrant une amélioration continue ; résultats des exercices de continuité avec les actions correctives entreprises ; données de sensibilisation (taux de participation aux formations, taux d'échec aux simulations de phishing) ; et résultats des audits internes avec suivi des actions de remédiation. Ces métriques transforment l'audit en démonstration de la maturité de l'organisation plutôt qu'en exercice de conformité documentaire, et constituent la meilleure défense contre les questions inattendues des auditeurs sur l'efficacité opérationnelle des contrôles.
Checklist de mise en œuvre et points de contrôle
La mise en pratique des recommandations de cet article nécessite une approche structurée. Cette checklist synthétise les points de contrôle essentiels pour évaluer l'état d'avancement de votre déploiement et identifier les actions prioritaires.
Phase de préparation et d'inventaire
Avant toute action technique, constituer un inventaire précis est indispensable. Les éléments à recenser : cartographie exhaustive des actifs concernés (systèmes, applications, flux de données) avec leur criticité métier associée ; identification des propriétaires techniques et fonctionnels pour chaque actif ; évaluation du niveau de maturité actuel à partir des référentiels reconnus (CIS Controls, ISO 27001, NIST CSF) ; et documentation des dépendances entre composants pour anticiper les impacts des modifications. Un inventaire incomplet génère des angles morts qui deviennent des vecteurs d'attaque exploitables par des acteurs malveillants disposant d'informations accessibles publiquement (OSINT, Shodan, LinkedIn).
Phase de déploiement et validation
Le déploiement progressif réduit les risques d'interruption de service et facilite la détection des régressions. Adopter un modèle de déploiement par vagues (wave deployment) : d'abord les environnements de développement et de test pour valider les configurations, ensuite les systèmes non-critiques en production, enfin les systèmes critiques lors de fenêtres de maintenance planifiées. Chaque vague s'accompagne d'une validation fonctionnelle complète et d'une période d'observation des métriques de performance et de sécurité. Un plan de retour arrière documenté et testé est obligatoire avant toute opération sur un système critique. Les critères de succès doivent être définis avant le déploiement, non après — un taux de faux positifs inférieur à 5% pour les alertes de sécurité, une disponibilité maintenue au niveau SLA contractuel, et l'absence d'incidents de sécurité liés aux modifications.
Phase de supervision et d'amélioration continue
La mise en place d'indicateurs de suivi permet de mesurer l'efficacité des mesures déployées et de justifier leur maintien auprès de la direction. Tableau de bord mensuel recommandé : nombre d'alertes générées par catégorie (critique, majeur, mineur) avec tendance sur 6 mois ; taux de couverture des actifs critiques par les contrôles de sécurité ; délai moyen de remédiation des vulnérabilités par sévérité CVSS ; et résultats des tests de régression mensuels sur les règles de détection. Ce tableau de bord, présenté en comité de sécurité, constitue la base d'un dialogue constructif entre les équipes techniques et le management sur les priorités d'investissement en cybersécurité.
Ressources, outils et veille spécialisée
L'efficacité opérationnelle des équipes de sécurité repose sur la maîtrise des outils adaptés et sur une veille continue sur les évolutions techniques et réglementaires du domaine. Ce panorama recense les ressources incontournables pour approfondir les sujets abordés dans cet article.
Outils open source recommandés
L'écosystème open source de la cybersécurité offre des outils de qualité professionnelle, souvent comparables voire supérieurs aux solutions commerciales sur des cas d'usage spécifiques. Pour la détection et la réponse à incident : OSSEC/Wazuh (HIDS/XDR open source déployé sur plus de 500 000 systèmes), TheHive et Cortex (orchestration et automatisation de la réponse à incident), MISP (partage de threat intelligence, utilisé par plus de 6 000 organisations mondiales). Pour l'analyse forensique : Autopsy (interface graphique pour Sleuth Kit, analyse disque), Volatility 3 (analyse mémoire vive), YARA (création de règles de détection de malwares). Pour l'audit d'infrastructure : OpenSCAP (compliance scanning automatisé), Lynis (audit de durcissement Linux), BloodHound (cartographie des chemins d'attaque Active Directory). Ces outils, maintenus par des communautés actives et adoptés par les grandes entreprises et agences gouvernementales, constituent le socle technique des équipes SOC modernes.
Sources de veille et formation continue
La cybersécurité évolue à un rythme qui impose une veille structurée pour maintenir l'efficacité des défenses. Les sources primaires à surveiller : CERT-FR (bulletins d'alerte et de sensibilisation de l'ANSSI, à intégrer dans les flux de veille en priorité) ; NVD et CISA KEV (catalogue des CVE et des vulnérabilités activement exploitées) ; Microsoft MSRC, Google Project Zero et Cisco Talos (recherche offensive et advisories éditeurs) ; et les publications académiques des conférences SSTIC (France), USENIX Security, IEEE S&P et CCS. Pour la montée en compétences des équipes, les certifications SANS GIAC (GCIH, GPEN, GCFA) offrent le meilleur équilibre entre reconnaissance professionnelle et valeur pratique. Les plateformes d'entraînement TryHackMe et HackTheBox permettent une pratique régulière sur des scénarios réalistes sans risque légal, avec des modules spécifiques adaptés aux profils défensifs (Blue Team Labs) et offensifs (HTB Pro Labs).
| Étape / Volet | Ce qu'exige Safran | Délai indicatif | Risque en cas de non-conformité | Aide disponible |
|---|---|---|---|---|
| Inscription plateforme AirCyber | Création du compte fournisseur sur la plateforme BoostAerospace et rattachement au programme SAFe | 2 à 4 semaines | Fournisseur non référencé dans le suivi supply chain Safran | Support BoostAerospace, référent achats Safran |
| Auto-évaluation (questionnaire) | Réponse au questionnaire de maturité cyber couvrant gouvernance, IT, continuité et gestion des tiers | 1 à 2 mois | Score bloqué, impossibilité d'accéder au niveau Bronze | Guides AirCyber, accompagnement RSSI externalisé |
| Plan d'action correctif | Traitement des écarts bloquants : sauvegardes, MFA, gestion des accès, sensibilisation, réponse à incident | 3 à 6 mois | Mise sous surveillance, plan de progrès imposé par le donneur d'ordres | Subventions régionales, dispositifs GIFAS / France Num |
| Obtention du label Bronze | Validation du niveau Bronze et publication du statut auprès des donneurs d'ordres du consortium | 6 à 9 mois au total | Non-conformité contractuelle formelle depuis juin 2024 | Auditeurs référencés AirCyber, prestataires spécialisés |
| Consultations et appels d'offres | Label Bronze exigé comme critère d'éligibilité aux nouvelles consultations | Immédiat | Exclusion des appels d'offres, perte d'opportunités commerciales | Accompagnement pré-audit, revue documentaire |
| Maintien et renouvellement | Réévaluation périodique du score et mise à jour des preuves | Annuel | Perte du label, retour au statut non conforme | Suivi continu, tableau de bord de conformité |
| Extension aux autres donneurs d'ordres | Airbus, Dassault Aviation et Thales s'appuient sur le même référentiel AirCyber | Horizon court terme | Effet domino sur l'ensemble du portefeuille clients aéronautique | Mutualisation des preuves entre donneurs d'ordres |
Conclusion
La conformité réglementaire n'est pas une destination mais un état à maintenir. Chaque évolution du SI, chaque nouveau fournisseur peut modifier le périmètre. Documentation, audits réguliers et formation des équipes en sont les piliers.
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À propos de l'auteur
Ayi NEDJIMI
Auditeur Senior Cybersécurité & Consultant IA
Expert Judiciaire — Cour d'Appel de Paris
Habilitation Confidentiel Défense
[email protected]
Ayi NEDJIMI est un vétéran de la cybersécurité avec plus de 25 ans d'expérience sur des missions critiques. Ancien développeur Microsoft à Redmond sur le module GINA (Windows NT4) et co-auteur de la version française du guide de sécurité Windows NT4 pour la NSA.
À la tête d'Ayi NEDJIMI Consultants, il réalise des audits Lead Auditor ISO 42001 et ISO 27001, des pentests d'infrastructures critiques, du forensics et des missions de conformité NIS2 / AI Act.
Conférencier international (Europe & US), il a formé plus de 10 000 professionnels.
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