En bref

  • Google a dévoilé le 22 avril à Cloud Next 2026 sa plateforme unifiée Gemini Enterprise pour concevoir, déployer et gouverner des agents IA en entreprise.
  • L'annonce s'accompagne d'un fonds de 750 M$ pour les 120 000 partenaires de l'écosystème et de l'arrivée des TPU de 8e génération.
  • Salesforce, ServiceNow, Workday, Adobe, Oracle et Palo Alto Networks intègrent leurs agents dans la nouvelle console commune.

Ce qui s'est passé

Lors de la keynote d'ouverture de Google Cloud Next 2026 à Las Vegas, Sundar Pichai et Thomas Kurian ont présenté le Gemini Enterprise Agent Platform, décrit comme « un hub unique pour l'ère agentique ». La plateforme regroupe un Agent Designer, un Inbox permettant aux équipes de recevoir les rapports d'avancement des bots, un module Long-running agents et un système de Skills et Projects pour versionner les comportements.

Google Cloud a également annoncé un engagement financier de 750 millions de dollars destiné à outiller ses 120 000 partenaires intégrateurs avec des crédits, des formations et des ressources d'ingénierie pour accélérer les déploiements agentiques chez les clients communs. Côté infrastructure, la 8e génération de TPU débarque, aux côtés de nouvelles briques de stockage et de réseau optimisées pour les charges multi-modèles.

Dans la foulée, Salesforce et Google Cloud ont dévoilé une intégration profonde permettant aux agents de circuler entre les deux plateformes avec un contexte partagé complet. Adobe, Atlassian, Deloitte, Lovable, Oracle, Palo Alto Networks, Replit, S&P Global, ServiceNow et Workday rejoignent le catalogue d'agents natifs. Google revendique une croissance de 40 % des utilisateurs actifs payants mensuels de Gemini Enterprise au premier trimestre 2026.

Pourquoi c'est important

L'offensive de Google marque un tournant dans la bataille des plateformes agentiques face à OpenAI et Anthropic. Plutôt que de vendre un agent vertical de plus, Mountain View mise sur l'orchestration et la gouvernance : un seul plan de contrôle pour des agents hétérogènes, qu'ils proviennent de Google, d'un éditeur partenaire ou d'un développement interne. C'est exactement le point de douleur qui bloque aujourd'hui les déploiements d'entreprise, où les équipes sécurité peinent à cartographier qui appelle quoi, avec quels droits et sur quelles données.

Pour les DSI, l'arrivée d'un Inbox dédié aux agents signale un changement de paradigme : les bots deviennent des collaborateurs numériques avec leurs propres files d'approbation, logs et métriques de productivité. L'enjeu immédiat sera la gestion des identités non humaines et la séparation des pouvoirs entre agents à faible et haut privilège, un chantier que peu d'organisations ont sérieusement engagé.

Ce qu'il faut retenir

  • Gemini Enterprise devient la réponse de Google à l'orchestration multi-agents, avec Agent Designer, Inbox et Skills intégrés.
  • Le fonds de 750 M$ cible l'écosystème partenaire, signe que Google veut déléguer l'intégration plutôt que tout faire seul.
  • Les équipes sécurité doivent anticiper la gouvernance des identités agentiques et la ségrégation des privilèges avant toute mise en production.

En quoi Gemini Enterprise se différencie-t-il d'AgentKit d'OpenAI ?

Là où AgentKit reste centré sur la construction d'agents propriétaires OpenAI, Gemini Enterprise se positionne comme un plan de contrôle multi-éditeurs, capable d'héberger des agents Salesforce, ServiceNow ou Workday aux côtés de ceux construits avec Gemini. La plateforme ajoute une couche de gouvernance — Inbox, Projects, Skills versionnés — pensée pour les environnements réglementés.

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