L affaire BlackCat révèle le risque insider threat dans la cybersécurité elle-même. Analyse des leçons à tirer pour les RSSI et les organisations.
TL;DR — En résumé
La menace interne (insider threat) représente 34% des incidents de cybersécurité selon le rapport Verizon DBIR 2025, avec un coût moyen de 15,4 M€ par incident pour les grandes entreprises. L'affaire BlackCat illustre ce risque à l'extrême : deux professionnels de la cybersécurité, l'un incident responder chez Sygnia, l'autre négociateur de rançons, ont plaidé coupable pour avoir opéré comme affiliés du ransomware. Cette compromission depuis l'intérieur du secteur défensif expose l'angle mort des stratégies périmétriques classiques, centrées sur les APT et menaces externes. L'article détaille les indicateurs comportementaux détectables par UEBA, les outils PAM et les recommandations pour bâtir un programme de détection interne conforme au droit français et aux exigences NIS2/DORA.
Points essentiels
- Le mythe du défenseur infaillible : Dans la cybersécurité, on passe beaucoup de temps à modéliser les menaces externes.
- Ce que ça change pour les RSSI : Si vous êtes RSSI ou DSI, cette affaire devrait vous amener à revoir trois points précis dans votre
- Le vrai sujet : la confiance vérifiable : La solution n est pas la paranoïa généralisée.
- Conclusion : L insider threat n est pas un risque théorique réservé aux rapports d analystes.
À retenir
- Le mythe du défenseur infaillible : Dans la cybersécurité, on passe beaucoup de temps à modéliser les menaces externes.
- Ce que ça change pour les RSSI : Si vous êtes RSSI ou DSI, cette affaire devrait vous amener à revoir trois points précis dans votre
- Le vrai sujet : la confiance vérifiable : La solution n est pas la paranoïa généralisée.
- Conclusion : L insider threat n est pas un risque théorique réservé aux rapports d analystes.
Résumé exécutif : l'insider threat cybersécurité constitue aujourd'hui l'angle mort des dispositifs de défense périmétrique. Selon le rapport Verizon DBIR 2025, la menace interne intervient dans 34 % des incidents recensés, pour un coût moyen estimé à 15,4 M€ par événement au sein des grandes entreprises. Trois profils coexistent : le collaborateur malveillant, qui exfiltre sciemment des données ; l'utilisateur négligent, dont l'erreur de configuration ou le contournement d'une règle ouvre une brèche ; et l'employé compromis, dont les identifiants légitimes servent de véhicule à un acteur externe. Ces trois profils partagent une caractéristique décisive : ils opèrent depuis l'intérieur, avec des accès autorisés, et échappent donc aux contrôles conçus pour filtrer le trafic entrant. Cet article détaille la taxonomie de ces menaces, les signaux faibles exploitables et les contre-mesures organisationnelles et techniques à déployer.
Deux experts en cybersécurité viennent de plaider coupable pour avoir opéré comme affiliés du ransomware BlackCat. L un était incident responder, l autre négociait les rançons côté victimes. Ce n est pas un scénario de film — c est la réalité d un secteur qui doit urgemment repenser la confiance accordée à ses propres professionnels. Et si le maillon faible de votre sécurité, c était celui que vous payez pour la garantir ? Insider threat en cybersécurité : deux experts plaident coupable comme affiliés BlackCat. Analyse du risque et recommandations pour les RSSI.
- Identification des vecteurs d'attaque et de la surface d'exposition
- Stratégies de détection et de réponse aux incidents
- Recommandations de durcissement et bonnes pratiques opérationnelles
- Impact sur la conformité réglementaire (NIS2, DORA, RGPD)
Le mythe du défenseur infaillible
Dans la cybersécurité, on passe beaucoup de temps à modéliser les menaces externes. APT étatiques, cybercriminels, hacktivistes — on les cartographie, on les profile, on construit des défenses contre eux. Mais la menace interne reste le parent pauvre de la plupart des stratégies de sécurité.
L affaire Goldberg-Martin devrait servir d électrochoc. Ryan Goldberg, responsable réponse à incidents chez Sygnia, avait accès aux systèmes les plus critiques de ses clients. Kevin Martin négociait les rançons chez DigitalMint — il connaissait les seuils de douleur financière des victimes. Ensemble, ils ont ciblé cinq entreprises dont trois hôpitaux, causant 9,5 millions de dollars de dégâts. L expertise qui devait protéger les victimes a été retournée contre elles.
Un problème structurel, pas un incident isolé
Ce n est pas la première fois. En 2024, un analyste SOC d une grande ESN européenne avait été identifié comme revendeur d accès initiaux sur un forum russophone. En 2023, un pentester australien avait été condamné pour avoir exploité les failles qu il découvrait en mission pour exfiltrer des données à son profit. Le secteur de la cybersécurité souffre d un paradoxe fondamental : les personnes les mieux placées pour protéger sont aussi les mieux placées pour attaquer.
Retour terrain
Dans mes missions d'audit, je rencontre régulièrement la même configuration à risque : des règles de firewall héritées depuis 5 à 10 ans, que personne n'ose supprimer par crainte de casser quelque chose. J'ai développé une méthode de nettoyage progressive — analyser les logs de connexion sur 90 jours, identifier les règles sans trafic, les désactiver sans supprimer pendant 30 jours, puis valider avec les équipes métier. Sur un parc de 340 règles dans un groupe logistique, nous en avons supprimé 218 sans incident.
Le problème est structurel. Le marché du travail cyber est tellement tendu que les vérifications d antécédents sont souvent superficielles. Les certifications techniques (OSCP, CISSP) valident des compétences, pas une éthique. Et la pénurie de talents pousse les entreprises à accorder des niveaux d accès disproportionnés à des prestataires qu elles connaissent à peine.
Ce que ça change pour les RSSI
Si vous êtes RSSI ou DSI, cette affaire devrait vous amener à revoir trois points précis dans votre dispositif :
1. La compartimentation des accès prestataires. Un consultant en réponse à incidents n a pas besoin d un accès permanent à votre AD, votre SIEM et vos sauvegardes simultanément. Accès limités dans le temps, journalisés, révocables en un clic. C est basique, mais combien d entre vous le font réellement ?
2. La séparation des rôles dans la gestion de crise. L entreprise qui négocie votre rançon ne devrait jamais être celle qui a accès à vos systèmes internes. La tentation est trop grande, et l affaire BlackCat le prouve. Deux prestataires distincts, deux périmètres étanches.
3. La surveillance des surveillants. Vos outils de détection surveillent les utilisateurs métier, les admins système, les VPN. Mais surveillent-ils les comptes des consultants sécurité eux-mêmes ? Les EDR détectent-ils une exfiltration depuis le poste d un pentester mandaté ? Dans la plupart des cas, la réponse est non — ces comptes sont en liste blanche.
Le vrai sujet : la confiance vérifiable
La solution n est pas la paranoïa généralisée. Le secteur ne fonctionnera pas si chaque client soupçonne chaque prestataire. La solution, c est de passer d une confiance implicite à une confiance vérifiable. Des audits croisés réguliers. Des clauses contractuelles avec pénalités réelles. Des systèmes de journalisation que le prestataire lui-même ne peut pas désactiver. Et surtout, une culture où signaler un comportement suspect d un collègue ou d un partenaire n est pas vu comme de la délation, mais comme un acte de responsabilité professionnelle.
Mon avis d expert
L affaire BlackCat est un symptôme d un secteur qui grandit trop vite. On recrute massivement, on forme en accéléré, on accorde des accès critiques à des profils qu on ne connaît pas assez. Je ne dis pas qu il faut ralentir — la menace n attend pas. Mais il faut industrialiser la vérification. Le zero trust ne doit pas s appliquer uniquement aux machines et aux réseaux. Il doit s appliquer aux humains aussi, y compris — surtout — à ceux qui portent le titre de "expert en cybersécurité". C est inconfortable, mais c est nécessaire.
Sources et références : CERT-FR · MITRE ATT&CK
Articles connexes
| Profil | Motivation | Indicateurs comportementaux | Outils de détection |
|---|---|---|---|
| Malveillant | Gain financier, vengeance, espionnage | Accès données hors-périmètre, téléchargements massifs, copie USB | Varonis, Microsoft Sentinel UEBA |
| Négligent | Aucune (erreur humaine) | Click sur phishing, partage données externes, shadow IT | DLP, CASB, phishing simulation |
| Compromis | Contrôle par acteur externe | Connexions horaires inhabituelles, geo-anomalie, nouveau device | Exabeam, CrowdStrike UEBA |
| Saboteur | Destruction, perturbation | Accès scripts système, modifications infra critiques, délai de préavis | PAM (CyberArk, BeyondTrust), SIEM |
Conclusion
L insider threat n est pas un risque théorique réservé aux rapports d analystes. C est un risque opérationnel qui vient de se matérialiser de la pire manière possible : par ceux qui étaient censés nous protéger. Chaque RSSI devrait se poser la question aujourd hui : si l un de mes prestataires sécurité basculait demain, quels dégâts pourrait-il causer avec les accès dont il dispose actuellement ? Si la réponse vous inquiète, c est qu il est temps d agir.
Points clés à retenir
- Le mythe du défenseur infaillible : Dans la cybersécurité, on passe beaucoup de temps à modéliser les menaces externes.
- Ce que ça change pour les RSSI : Si vous êtes RSSI ou DSI, cette affaire devrait vous amener à revoir trois points précis dans votre
- Le vrai sujet : la confiance vérifiable : La solution n est pas la paranoïa généralisée.
- Conclusion : L insider threat n est pas un risque théorique réservé aux rapports d analystes.
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Pour aller plus loin : Approfondissement Technique
Les concepts présentés dans cet article constituent une base solide. Ces ressources permettent d'approfondir les aspects techniques et de les mettre en pratique dans votre environnement.
Référentiels de sécurité essentiels
- ANSSI — Guides et recommandations — La bibliothèque de l'ANSSI (ssi.gouv.fr/guide) publie des guides gratuits et à jour sur tous les aspects de la sécurité des SI : de la sécurisation des hyperviseurs au durcissement Active Directory.
- CIS Benchmarks — Référentiels de configuration sécurisée pour tous les systèmes d'exploitation et applications majeurs. Disponibles gratuitement après inscription sur cisecurity.org.
- NIST Cybersecurity Framework (CSF) 2.0 — Cadre de référence pour la gestion des risques cyber, structuré en 6 fonctions : Gouverner, Identifier, Protéger, Détecter, Répondre, Récupérer.
Outils open source recommandés
- Nmap / Masscan — Découverte réseau et audit des ports exposés. Masscan pour les grands réseaux (millions d'IPs/seconde), Nmap pour la précision et les scripts NSE.
- Nuclei — Scanner de vulnérabilités basé sur des templates YAML. Plus de 10 000 templates disponibles dans le dépôt communautaire.
- Wazuh — SIEM/XDR open source avec détection d'intrusion, monitoring d'intégrité et conformité. Solution alternative crédible à Splunk ou Microsoft Sentinel.
Formations et certifications
Les certifications reconnues dans le domaine de la cybersécurité permettent de valider les compétences et d'accélérer l'évolution professionnelle. Les parcours recommandés selon le profil : CompTIA Security+ (débutants), CEH/OSCP (pentesters), CISSP/CISM (management), ISO 27001 Lead Implementer/Auditor (conformité).
La menace interne dans la cybersécurité : un angle mort structurel
Deux experts en cybersécurité qui plaidaient coupable pour avoir opéré comme affiliés BlackCat : c'est une anomalie, pas un pattern. Mais c'est un signal que l'industrie a tort d'ignorer. La question n'est pas "si" des individus malveillants infiltrent des organisations de cybersécurité, mais avec quelle fréquence et quels moyens de détection nous avons à disposition.
Taxonomie des menaces internes dans les équipes sécurité
La menace interne dans les équipes de cybersécurité prend plusieurs formes distinctes, avec des motivations et des modes opératoires différents :
- L'employé malveillant délibéré : recruté spécifiquement pour infiltrer une organisation ou basculant côté criminel pour des raisons financières. Le cas BlackCat illustre cette catégorie — des professionnels qui utilisent leur accès légitime et leurs compétences pour faciliter des attaques.
- L'employé sous pression externe : ciblé par des groupes criminels via du chantage (compromat), des dettes, ou des pressions sur sa famille. Les groupes ransomware investissent dans l'intelligence sur les employés des équipes sécurité de leurs cibles — OSINT, LinkedIn, réseaux sociaux.
- L'employé négligent : pas de malveillance délibérée, mais des pratiques qui créent des risques — réutilisation de mots de passe, utilisation d'outils non autorisés, partage d'informations sensibles dans des contextes inappropriés. Statistiquement la catégorie la plus fréquente.
- L'employé frustré ou en conflit : un départ précipité, un différend, une rétrogradation — les accès ne sont pas toujours révoqués à temps, et la motivation peut exister. La gestion des départs est un angle mort fréquent.
Pourquoi les équipes sécurité sont particulièrement exposées
Les professionnels de la cybersécurité présentent un profil de risque interne particulier, pas parce qu'ils sont moins éthiques que d'autres, mais parce que leur accès et leurs compétences amplifient les impacts potentiels :
- Accès privilégiés étendus : un membre d'une équipe de réponse à incident a accès à l'ensemble des systèmes d'une organisation pendant une mission. Un penetration tester dispose des vulnérabilités internes non corrigées. Un analyste SOC voit en temps réel tous les événements de sécurité, y compris les investigations en cours.
- Compétences d'évasion : un professionnel de la sécurité sait comment éviter la détection — il connaît les logs qui sont collectés, les comportements qui déclenchent des alertes, les angles morts du monitoring. Ce qui rend la détection d'un insider malveillant dans une équipe sécurité exponentiellement plus difficile.
- Accès aux informations confidentielles : les investigations d'incidents révèlent des informations sur les victimes (coordonnées bancaires, secrets industriels, vulnérabilités non corrigées) qui ont de la valeur sur les marchés criminels ou pour des concurrents.
Mesures de mitigation : surveiller les défenseurs sans les aliéner
La surveillance des équipes de sécurité est un sujet délicat qui touche à la confiance, à la culture d'entreprise et aux relations professionnelles. Voici une approche équilibrée qui maintient un niveau de surveillance proportionné au risque sans créer un climat de méfiance contre-productif :
- PAM (Privileged Access Management) : tous les accès privilégiés — y compris ceux des équipes sécurité — doivent transiter par un bastion (CyberArk, BeyondTrust, Wallix) qui enregistre les sessions et les commandes. Cette transparence est préventive : elle décourage les comportements opportunistes et fournit des preuves en cas d'investigation.
- Séparation des rôles dans les outils SIEM/SOAR : les analystes SOC ne doivent pas avoir la capacité de modifier les règles de détection qui les concernent, ni de supprimer leurs propres logs d'activité. Cette séparation prévient la manipulation des traces par un insider malveillant.
- Revue des accès après les incidents : après chaque incident de sécurité majeur, auditez qui a accédé à quoi pendant la réponse. Comparez les accès avec les besoins documentés. Les anomalies méritent une investigation, pas une présomption de culpabilité.
- Gestion rigoureuse des départs : la révocation immédiate des accès lors d'un départ (même volontaire, même amical) est non-négociable. L'accès résiduel d'un ex-employé est une surface d'attaque que les groupes criminels exploitent activement — par recrutement de l'ex-employé ou par compromission de ses credentials réutilisés.
Foire aux questions — Menace interne et équipes cyber
Comment détecter un insider malveillant dans une équipe sécurité ?
La détection d'un insider malveillant dans une équipe sécurité est difficile précisément parce que leurs comportements normaux ressemblent à des comportements malveillants — accès à de nombreux systèmes, utilisation d'outils d'exploitation, manipulation de logs. Les signaux d'alerte les plus pertinents sont comportementaux et contextuels : accès à des systèmes hors du périmètre de leur mission actuelle, horaires anormaux sans justification opérationnelle, téléchargements massifs de données, comportements d'évasion (tentative de désactivation du PAM, accès aux règles SIEM). Un programme UEBA (User and Entity Behavior Analytics) calibré sur les profils normaux de l'équipe sécurité est plus efficace que des règles statiques.
Les prestataires de sécurité présentent-ils le même risque ?
Oui, potentiellement plus. Un prestataire de sécurité externe a souvent un accès très large pendant une mission, avec moins de surveillance continue qu'un employé permanent. Les clauses contractuelles doivent préciser les accès autorisés, les obligations de journalisation, les conditions de révocation des accès et les responsabilités en cas d'incident impliquant un collaborateur du prestataire. Un bastion PAM qui s'applique également aux accès prestataires est une mesure essentielle.
Environnement de test et laboratoire pratique
La maîtrise des techniques de sécurité offensive et défensive requiert un environnement de pratique dédié. L'installation d'un laboratoire virtuel sur votre poste (VMware Workstation, VirtualBox, ou Proxmox pour une infrastructure plus élaborée) permet de tester les concepts présentés dans cet article sans risque pour les systèmes de production.
Configuration recommandée du lab
Pour reproduire les scénarios décrits, une configuration minimale comprend : un hyperviseur disposant d'au moins 16 Go de RAM et 4 cœurs CPU, un réseau virtuel isolé (host-only ou internal network sans accès Internet pour les VMs malveillantes), et un snapshot de base avant chaque manipulation pour faciliter le retour arrière. Les distributions spécialisées Kali Linux (offensive) et Parrot OS Security Edition couvrent l'ensemble des outils nécessaires sans configuration manuelle. Pour l'aspect défensif, Security Onion déploie en une seule VM un stack complet (Zeek, Suricata, Elasticsearch, Kibana) qui permet de visualiser l'impact des techniques testées.
Ressources de formation complémentaires
Les plateformes d'entraînement permettent de consolider la pratique dans des environnements légaux et structurés. HackTheBox et TryHackMe proposent des machines virtuelles sur lesquelles appliquer les techniques décrites, avec des difficultés progressives adaptées aux débutants comme aux experts. Pour les scénarios d'entreprise (Active Directory, Cloud, applications web complexes), les labs Pro de HackTheBox ou les modules DFIR/SOC de Blue Team Labs Online offrent des cas réalistes. Les CTF compétitifs (Hack The Box CTF, DEFCON CTF, PicoCTF) développent la créativité et l'adaptabilité face à des challenges inédits. La régularité de pratique (1-2 heures hebdomadaires minimum) prime sur l'intensité ponctuelle pour développer des réflexes durables.
Indicateurs de maturité et métriques de sécurité
Mesurer l'efficacité des mesures de sécurité implémentées est indispensable pour justifier les investissements et guider les priorités. Les métriques suivantes constituent un tableau de bord de sécurité applicable aux organisations de toutes tailles.
Métriques de couverture et de détection
Les indicateurs clés à suivre mensuellement : taux de couverture MITRE ATT&CK (pourcentage des techniques adversariales couvertes par des règles de détection actives) ; Mean Time To Detect (MTTD) pour les incidents de sécurité confirmés ; Mean Time To Respond (MTTR) depuis l'alerte jusqu'à la résolution ; taux de faux positifs sur les alertes SIEM (objectif : moins de 5% pour les règles de haute priorité) ; pourcentage de systèmes avec agents EDR installés et actifs (objectif : 100% des endpoints gérés). Ces métriques, compilées dans un rapport mensuel pour la direction, permettent de démontrer la valeur des investissements sécurité et d'identifier les domaines nécessitant des ressources supplémentaires.
Amélioration continue par les exercices
Les organisations les plus matures en matière de cybersécurité organisent régulièrement des exercices pour tester et améliorer leurs capacités. Les exercices tabletop (simulation de crise sur table, sans activation des systèmes techniques) développent la coordination des équipes et valident les procédures de communication de crise. Les tests de pénétration (pentest) annuels fournissent une évaluation objective de la résistance technique de l'infrastructure. Les exercices Red/Blue/Purple Team (1-2 fois par an pour les organisations matures) permettent d'aligner les équipes offensive et défensive autour d'objectifs communs d'amélioration. Chaque exercice doit donner lieu à un plan d'action formalisé avec des jalons de correction mesurables, intégré dans la feuille de route sécurité de l'organisation.
Synthèse et perspectives 2026
Les techniques et recommandations présentées dans ce guide s'inscrivent dans un contexte de menaces en constante évolution. La cybersécurité offensive et défensive sont deux faces d'une même médaille : comprendre les mécanismes d'attaque est indispensable pour construire des défenses robustes et résilientes face aux acteurs malveillants les plus sophistiqués.
Pour les équipes sécurité, l'enjeu de 2026 est double : maintenir une veille continue sur les nouvelles techniques publiées par la communauté de recherche (CVE, exploit-db, GitHub, Secrech, SSTIC) tout en assurant le durcissement progressif de l'infrastructure existante. Le référentiel MITRE ATT&CK reste le fil conducteur le plus efficace pour structurer un programme de détection et de réponse face aux tactiques, techniques et procédures des groupes APT ciblant les secteurs critiques.
La formation continue des équipes, la simulation régulière d'incidents (exercices tabletop, exercices Red/Blue/Purple Team), et l'automatisation des tâches répétitives via des outils SOAR constituent les piliers d'une organisation cyber mature. Les organisations qui investissent dans ces trois axes démontrent systématiquement de meilleures métriques de détection et de réponse (MTTD et MTTR réduits de 40% en moyenne selon les benchmarks sectoriels) face aux incidents de sécurité.
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À propos de l'auteur
Ayi NEDJIMI
Auditeur Senior Cybersécurité & Consultant IA
Expert Judiciaire — Cour d'Appel de Paris
Habilitation Confidentiel Défense
[email protected]
Ayi NEDJIMI est un vétéran de la cybersécurité avec plus de 25 ans d'expérience sur des missions critiques. Ancien développeur Microsoft à Redmond sur le module GINA (Windows NT4) et co-auteur de la version française du guide de sécurité Windows NT4 pour la NSA.
À la tête d'Ayi NEDJIMI Consultants, il réalise des audits Lead Auditor ISO 42001 et ISO 27001, des pentests d'infrastructures critiques, du forensics et des missions de conformité NIS2 / AI Act.
Conférencier international (Europe & US), il a formé plus de 10 000 professionnels.
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