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Exigences Cryptographiques NIS2

conformite

Définition

NIS2 (article 21 §2 h) impose aux entités essentielles et importantes de mettre en œuvre des politiques et des procédures relatives à l'utilisation de la cryptographie et, le cas échéant, du chiffrement. Cette exigence couvre l'ensemble des aspects cryptographiques : algorithmes de chiffrement, protocoles de sécurité des communications, gestion des certificats numériques, et infrastructure à clé publique (PKI). Les autorités de supervision nationales et l'ENISA ont publié des lignes directrices précisant les exigences cryptographiques minimales pour NIS2. En France, l'ANSSI a publié ses recommandations cryptographiques (document RGS règles et recommandations), définissant les algorithmes et tailles de clés considérés comme robustes à l'horizon 2030 et au-delà. Ces recommandations couvrent : les algorithmes de chiffrement symétrique (AES-256 recommandé), les algorithmes de chiffrement asymétrique (RSA avec clés d'au moins 3072 bits, ou courbes elliptiques P-256 minimum), les fonctions de hachage (SHA-256 minimum, SHA-3 recommandé), les protocoles d'échange de clés (ECDH sur courbes P-256 ou supérieures), et les protocoles de sécurité des communications (TLS 1.2 minimum, TLS 1.3 recommandé). L'émergence de l'informatique quantique crée un horizon de menace pour la cryptographie actuelle : les algorithmes asymétriques actuels (RSA, ECC) seraient théoriquement vulnérables à un ordinateur quantique suffisamment puissant (algorithme de Shor). En réponse, le NIST a finalisé en 2024 les premiers standards de cryptographie post-quantique (PQC) : ML-KEM (anciennement CRYSTALS-Kyber) pour l'encapsulation de clés, et ML-DSA (anciennement CRYSTALS-Dilithium) pour les signatures numériques. Les entités NIS2 gérant des données à longue durée de confidentialité doivent planifier leur migration vers la cryptographie post-quantique. La gestion des certificats numériques est une composante critique des exigences cryptographiques NIS2 : les organisations doivent disposer de processus pour la gestion du cycle de vie des certificats (émission, renouvellement avant expiration, révocation), évitant les incidents causés par des certificats expirés. Des outils de gestion des certificats (Venafi, Sectigo Certificate Manager, Let's Encrypt avec ACME) automatisent ce cycle de vie.

Politique cryptographique et algorithmes recommandés NIS2/ANSSI

NIS2 article 21 §2h impose une politique d'utilisation de la cryptographie. En France, l'ANSSI définit les algorithmes robustes dans ses recommandations cryptographiques (alignées avec les recommandations européennes ENISA et ECRYPT). Algorithmes recommandés : symétrique AES-256 (mode GCM ou CBC+HMAC), asymétrique RSA-3072 ou ECDSA/ECDH P-256 minimum (P-384 recommandé pour les données à longue durée), hachage SHA-256 (SHA-384/SHA-512 pour les usages critiques), protocoles TLS 1.3 (TLS 1.2 avec suites modernes en fallback).

Les algorithmes déconseillés et à bannir : RC4, DES, 3DES (SWEET32), MD5, SHA-1 (sauf exceptions documentées), RSA-1024 et RSA-2048 (à remplacer par RSA-3072+ ou ECC), SSL 2.0/3.0 et TLS 1.0/1.1 (vulnérables à POODLE, BEAST, etc.). Un inventaire des usages cryptographiques dans les systèmes de l'organisation est la première étape pour identifier les algorithmes à migrer.

Cryptographie post-quantique : planification de la migration

L'informatique quantique représente une menace à long terme pour la cryptographie asymétrique actuelle (RSA, ECC). L'algorithme de Shor permet théoriquement de factoriser des grands nombres et de résoudre le problème du logarithme discret en temps polynomial sur un ordinateur quantique. Bien que les ordinateurs quantiques actuels ne soient pas encore capables de casser RSA-2048 en pratique, la menace du type « harvest now, decrypt later » (collecte des communications chiffrées aujourd'hui pour les déchiffrer quand les ordinateurs quantiques seront suffisamment puissants) est réelle pour les données à longue durée de confidentialité.

Le NIST a finalisé en 2024 les premiers standards PQC : FIPS 203 (ML-KEM, basé sur CRYSTALS-Kyber, pour l'encapsulation de clés), FIPS 204 (ML-DSA, basé sur CRYSTALS-Dilithium, pour les signatures), FIPS 205 (SLH-DSA, basé sur SPHINCS+, signatures basées sur les hash). Les entités NIS2 traitant des données hautement sensibles à longue durée de confidentialité (données médicales, secrets d'État) doivent initier leur planification de migration PQC.

Gestion des certificats et infrastructure PKI

La gestion des certificats numériques est une composante souvent négligée de la politique cryptographique. Les incidents liés aux certificats expirés (sites web inaccessibles, communications interrompues) sont fréquents et peuvent avoir un impact opérationnel significatif. Un programme de gestion des certificats doit couvrir : inventaire de tous les certificats (domaines, systèmes internes, VPNs, applications), surveillance des dates d'expiration avec alertes préventives (90, 30, 7 jours), automatisation du renouvellement (ACME/Let's Encrypt pour les certificats publics, interfaces API pour les PKI internes).

Les autorités de certification (CA) qualifiées eIDAS (prestataires de services de confiance qualifiés) permettent d'émettre des certificats qualifiés reconnus légalement dans toute l'UE. En France, les prestataires de services de confiance qualifiés (QTSP) sont accrédités par l'ANSSI. Ces certificats qualifiés sont requis pour certains usages légaux (signature électronique qualifiée, cachet électronique qualifié).

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