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Droits d'Auteur Propriété Industrielle Conformité

conformite

Définition

La conformité en matière de droits d'auteur et de propriété industrielle (PI) couvre l'ensemble des obligations légales relatives à la création, l'utilisation, la protection, et la transmission des œuvres intellectuelles et des innovations techniques dans le contexte des activités numériques et technologiques. Pour les organisations du secteur IT, ces obligations touchent à la fois la protection de leurs propres créations et le respect des droits des tiers. Le droit d'auteur en France est régi par le Code de la propriété intellectuelle (CPI). Les logiciels et bases de données sont protégés par le droit d'auteur dès leur création sans formalité d'enregistrement (contrairement aux brevets). L'auteur (personne physique qui a créé l'œuvre) dispose de droits moraux (inaliénables — droit à la paternité, droit à l'intégrité de l'œuvre) et de droits patrimoniaux (cessibles — droit de reproduction, droit de représentation, droit de modification). Pour les salariés créant des logiciels dans l'exercice de leurs fonctions, les droits patrimoniaux appartiennent à l'employeur par dérogation légale spécifique aux logiciels (article L113-9 CPI). Les brevets logiciels en Europe sont un sujet complexe : la Convention sur le brevet européen (CBE) exclut formellement les programmes d'ordinateur en tant que tels de la brevetabilité. Toutefois, l'Office Européen des Brevets (OEB) accorde des brevets pour les inventions « à caractère technique » mises en œuvre par ordinateur — une interprétation qui permet de breveter indirectement des algorithmes dans certains contextes. Cette situation crée une incertitude juridique pour les développeurs et les entreprises IT. Le respect des droits d'auteur tiers est une obligation de conformité importante : utilisation de polices de caractères sous licences appropriées, respect des conditions des licences d'images (Adobe Stock, Getty Images, Shutterstock — licences commerciales requises pour les usages professionnels), conformité aux licences open source (voir entrée Open Source Licences), et vérification des droits avant d'utiliser du contenu tiers (photos, vidéos, musiques, textes). Les IA génératives créent de nouveaux défis en matière de droits d'auteur : les contenus générés par IA (images, textes, code) soulèvent des questions sur leur protégeabilité par le droit d'auteur (l'auteur doit être une personne physique en France) et sur les droits des créateurs dont les œuvres ont servi à entraîner les modèles. Des procédures judiciaires et des évolutions législatives sont en cours pour clarifier ce cadre juridique.

Protection des logiciels et bases de données

Les logiciels sont protégés par le droit d'auteur dès leur création, sans formalité (pas de dépôt obligatoire, bien que des dépôts probatoires — APP, Iddn.fr — permettent d'établir la date de création). La protection couvre : le code source et le code objet (dans les deux formes), le matériel de conception préparatoire (spécifications fonctionnelles, architectures), et les interfaces utilisateur dans leurs éléments créatifs (pas les éléments fonctionnels ou standardisés). La protection ne couvre pas les algorithmes, les idées, ou les fonctionnalités en tant que telles — seulement leur expression concrète.

Les bases de données bénéficient d'une double protection : droit d'auteur si leur structure est originale, et droit sui generis du producteur de bases de données (protection contre l'extraction substantielle sans autorisation) pendant 15 ans à compter de l'achèvement ou de la dernière mise à jour substantielle. Ce droit sui generis protège les bases de données même si elles ne sont pas originales (ex. : annuaire exhaustif, données factuelles).

Propriété intellectuelle dans les contrats IT

Les contrats IT doivent clairement définir la propriété des œuvres créées : développement spécifique (œuvre créée sur commande) — la propriété revient au prestataire par défaut en droit français (contrairement aux idées reçues), sauf cession expresse des droits dans le contrat ; maintenance et évolutions — préciser si les évolutions créées lors de la maintenance appartiennent au prestataire ou au client ; logiciels produits par des salariés du prestataire — droits patrimoniaux du prestataire (employeur), transférés au client selon les termes du contrat.

Les clauses de cession de droits dans les contrats de développement doivent être explicites sur : les droits cédés (reproduction, représentation, modification, traduction — chaque droit doit être mentionné séparément en droit français), le territoire (France, monde), la durée (généralement la durée de protection légale), et la contrepartie (la cession doit être rémunérée pour être valide en droit français — une cession gratuite des droits patrimoniaux est nulle). Des clauses imprécises peuvent créer des litiges coûteux sur la propriété des logiciels développés sur mesure.

IA et droits d'auteur : état du droit

L'émergence des IA génératives crée des enjeux nouveaux en matière de droits d'auteur : Protégeabilité des œuvres générées par IA — en France, seule une personne physique peut être auteure d'une œuvre. Un contenu entièrement généré par une IA sans contribution créative humaine ne peut pas être protégé par le droit d'auteur français. Si un humain apporte une contribution créative dans le processus (sélection, arrangement, modification substantielle), il peut être reconnu auteur de la partie créative. Formation des IA sur des œuvres protégées — la question de savoir si l'entraînement d'un modèle IA sur des œuvres protégées constitue une reproduction (droit d'auteur) est en cours de clarification. L'exception text and data mining (TDM) de la directive DSM (2019/790) permet sous conditions l'extraction de données pour la recherche, mais son application à l'entraînement commercial des IA est débattue.

Des procédures judiciaires internationales (Getty Images c. Stability AI, New York Times c. OpenAI, procédures françaises des auteurs SCAM) tentent de clarifier les droits des créateurs vis-à-vis des modèles IA. Des plateformes d'IA (Adobe Firefly, Getty Creative AI) proposent des modèles entraînés sur des contenus licenciés pour offrir des garanties d'indemnisation aux utilisateurs professionnels en cas de litige de droits d'auteur.

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