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Continuité d'Activité NIS2

conformite

Définition

La continuité d'activité est l'une des mesures de gestion des risques cybersécurité imposées à l'article 21 §2 c) de la directive NIS2. Elle englobe la gestion des sauvegardes, la restauration après sinistre et la gestion des crises, trois composantes essentielles pour maintenir ou rétablir rapidement les services critiques en cas d'incident cybersécurité majeur. NIS2 exige que les entités essentielles et importantes développent et maintiennent des plans de continuité d'activité (PCA) et des plans de reprise après sinistre (PRA) couvrant spécifiquement les scénarios cyber. Ces plans doivent identifier les services critiques, définir les objectifs de temps de reprise (RTO - Recovery Time Objective) et les objectifs de point de reprise (RPO - Recovery Point Objective), et décrire les procédures pour atteindre ces objectifs en cas d'incident. La gestion des sauvegardes est une composante fondamentale de la continuité d'activité cyber. Les sauvegardes doivent suivre la règle 3-2-1 : trois copies des données, sur deux types de supports différents, dont une copie hors site. La résistance des sauvegardes aux attaques par ransomware (qui ciblent de plus en plus les sauvegardes) nécessite des copies immuables (immutable backups) et une isolation réseau des systèmes de sauvegarde. La gestion de crise cyber nécessite des procédures spécifiques distinctes des procédures de gestion de crise classiques : cellule de crise cybersécurité avec des rôles définis (responsable de crise, responsable technique, responsable communication, conseiller juridique), fiches réflexes par type d'incident (ransomware, exfiltration, DDoS), procédures de communication de crise (vers les autorités, les clients, les partenaires, les médias), et plan de communication de crise. Les entités doivent régulièrement tester leurs plans de continuité : exercices de table-top simulant des scénarios de crise cyber, tests de restauration à partir des sauvegardes, et dans les organisations les plus matures, des exercices de « disaster recovery » complets impliquant le basculement sur les systèmes de secours.

Exigences NIS2 sur la continuité d'activité

L'article 21 §2 c) de NIS2 impose la « gestion de la continuité des activités, telle que la gestion des sauvegardes et la restauration après sinistre, et la gestion des crises ». Cette formulation couvre trois niveaux : les sauvegardes (protection des données), la restauration après sinistre (reprise des systèmes), et la gestion de crise (organisation et communication en situation d'urgence).

Les plans de continuité et de reprise d'activité (PCA/PRA) doivent être documentés, approuvés par la direction, et intégrer des scénarios cyber spécifiques : ransomware chiffrant l'ensemble des systèmes, exfiltration massive de données, destruction de données, défaillance d'un prestataire critique. Ces scénarios vont au-delà des PCA traditionnels axés sur les catastrophes physiques.

Sauvegardes résilientes aux ransomwares

La règle 3-2-1 est le minimum : 3 copies, 2 supports différents, 1 hors site. Pour résister aux ransomwares modernes qui ciblent les sauvegardes : copies immuables (WORM - Write Once Read Many), isolation réseau des systèmes de sauvegarde, chiffrement des sauvegardes avec clés gérées séparément, et test régulier de restauration. Des technologies comme les snapshots immuables dans le cloud (AWS Backup Vault Lock, Azure Immutable Blob Storage) facilitent la mise en œuvre.

Les RPO (objectif de perte de données maximale admissible) et RTO (objectif de délai de reprise) doivent être définis en fonction des exigences métiers et de la criticité des services. Les entités NIS2 doivent pouvoir démontrer que leurs sauvegardes et procédures de restauration permettent d'atteindre les objectifs fixés, via des tests réguliers.

Plan de gestion de crise cyber

La cellule de crise cyber doit être constituée avant l'incident : responsable de crise (souvent le DG ou le RSSI), responsable technique (DSI), responsable juridique (DPO, conseil externe), responsable communication (dircom), et un contact avec les autorités (ANSSI, CERT-FR). Des fiches réflexes par type d'incident permettent une réaction rapide et cohérente.

La communication de crise cyber nécessite une préparation spécifique : décisions sur la transparence publique, templates de communication aux clients et partenaires, relations avec les médias, notification aux autorités (NIS2 dans les 24h, RGPD dans les 72h si données personnelles impliquées). Les exercices de simulation de crise cyber incluant les équipes de communication sont essentiels pour tester cette préparation.

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