Aller au contenu principal
Expert Cybersécurité & IAv9.0
Centres de ressources conformité
Besoin d'un accompagnement expert ?
Devis personnalisé sous 24h — audit, conformité, incident
Checklists Sécurité — Audit & Durcissement
Formats disponibles
📄 PDF 📊 Excel 🌐 Web

11 checklists professionnelles couvrant 2 200+ points de contrôle. Téléchargement gratuit, aucune inscription.

Co-responsable de Traitement

conformite

Définition

La co-responsabilité de traitement est le mécanisme par lequel deux ou plusieurs entités déterminent conjointement les finalités et les moyens d'un même traitement de données à caractère personnel. Définie à l'article 26 du RGPD, cette qualification s'applique dès lors que plusieurs acteurs prennent ensemble les décisions essentielles sur un traitement, même si leurs rôles respectifs diffèrent dans leur étendue ou leur nature. L'arrêt Fashion ID de la Cour de Justice de l'Union Européenne (CJUE, 2019) a précisé que la co-responsabilité peut être partielle : deux entités peuvent être co-responsables pour certaines phases d'un traitement sans l'être pour d'autres. L'arrêt Wirtschaftsakademie (CJUE, 2018) a établi que l'administrateur d'une page Facebook est co-responsable avec Meta pour les données collectées via les pixels et statistiques de page. Les co-responsables doivent conclure un accord interne (article 26) définissant de manière transparente leurs obligations respectives en matière de conformité RGPD, notamment qui est responsable de l'information des personnes concernées, de la gestion des demandes d'exercice des droits et de la notification des violations. Cet accord doit refléter les rôles réels de chaque partie. L'essence de cet accord doit être mise à disposition des personnes concernées. Les personnes peuvent exercer leurs droits contre chacun des co-responsables, indépendamment de la répartition interne des responsabilités. Toute entité reconnue comme co-responsable est donc solidairement exposée aux sanctions en cas de violation du RGPD. En pratique, la co-responsabilité survient fréquemment dans les groupes de sociétés, les partenariats commerciaux impliquant des échanges de données clients, les plateformes numériques et les écosystèmes d'applications. Une analyse juridique préalable de chaque situation de traitement partagé est indispensable pour qualifier correctement les rôles et mettre en place les mécanismes de gouvernance appropriés.

Fondement juridique et jurisprudence

L'article 26 du RGPD encadre la co-responsabilité de traitement. La CJUE a précisé, via les arrêts Wirtschaftsakademie (2018), Fashion ID (2019) et Latvijas Padomju (2021), que la co-responsabilité peut être partielle et s'apprécie au cas par cas selon le degré d'influence exercé par chaque partie sur les finalités et moyens du traitement.

La co-responsabilité n'exige pas une participation égale : une entité peut exercer une influence déterminante sur certains aspects du traitement (ex. : décider d'intégrer un pixel de suivi sur son site) sans contrôler d'autres aspects techniques. Cette qualification partielle a des implications pratiques importantes pour la gestion des droits des personnes.

Accord interne et obligations

Les co-responsables doivent conclure un accord définissant leurs responsabilités respectives : qui informe les personnes, qui gère les demandes d'exercice de droits, qui notifie les violations, comment les droits sont coordonnés. L'essence de cet accord doit être accessible aux personnes concernées sur demande.

Chaque co-responsable doit maintenir son propre registre de traitement pour les activités co-responsables. Les personnes concernées peuvent exercer leurs droits auprès de n'importe quel co-responsable, qui doit alors coordonner avec les autres parties pour y répondre dans les délais.

Risques et mise en conformité

La co-responsabilité entraîne une responsabilité solidaire : chaque co-responsable peut être sanctionné par l'autorité de contrôle pour les manquements du traitement commun, même si la faute incombe principalement à l'autre partie. Les amendes peuvent se cumuler selon la gravité des violations.

La mise en conformité passe par une cartographie précise des flux de données inter-entités, une analyse juridique de chaque flux partagé, la rédaction d'accords de co-responsabilité adaptés et la mise en place d'un mécanisme de coordination pour la gestion des droits et des incidents.

Articles liés

Un projet cybersécurité ?

Expert dispo · Réponse 24h

Devis