Microsoft Defender for Office 365 génère chaque jour, dans une organisation de taille moyenne, plusieurs centaines de milliers d'événements de messagerie : verdicts de filtrage, réécritures d'URL, détonations de pièces jointes en bac à sable, actions post-livraison ZAP, signalements utilisateurs. Cette masse de télémétrie est précisément ce qui rend l'investigation phishing chronophage : un analyste passe l'essentiel de son temps à assembler manuellement des fragments dispersés entre l'Explorateur de menaces, la recherche unifiée d'audit, le journal de suivi des messages et la chasse avancée. Security Copilot change cette économie en permettant de formuler en langage naturel une question d'investigation complète, puis d'obtenir en une passe la chronologie, le périmètre d'exposition et les actions de remédiation recommandées. Encore faut-il savoir écrire les prompts. Ce guide rassemble 35 prompts opérationnels, testés dans une logique de centre opérationnel de sécurité, organisés en quatre familles : investigation phishing, règles de boîte aux lettres suspectes, campagnes malware et compromission de messagerie professionnelle. Chaque prompt est accompagné de l'output attendu, des prérequis de licence et de plugin, et d'un conseil d'usage pour éviter les réponses vagues. Un promptbook complet de triage phishing en neuf étapes clôt la partie pratique.
Pourquoi Defender for Office 365 est le terrain de jeu naturel de Security Copilot
Toutes les charges de travail ne se prêtent pas également au prompting. La messagerie a trois propriétés qui en font le cas d'usage le plus rentable pour Security Copilot.
D'abord, la donnée est déjà structurée et corrélée. Les tables de chasse avancée de Defender XDR relatives à la messagerie — EmailEvents, EmailAttachmentInfo, EmailUrlInfo, EmailPostDeliveryEvents, UrlClickEvents — partagent un identifiant de réseau de messages (NetworkMessageId) qui permet de suivre un même email de la réception à la détonation, du clic sur l'URL réécrite jusqu'à la suppression automatique. Un prompt bien formulé exploite cette jointure implicite sans que vous ayez à écrire la requête KQL.
Ensuite, les questions d'investigation phishing sont hautement répétitives. « Qui d'autre a reçu ce message ? », « Combien ont cliqué ? », « L'expéditeur a-t-il envoyé autre chose ? » sont posées à l'identique des dizaines de fois par semaine. C'est exactement le profil de tâche qui justifie un promptbook réutilisable plutôt qu'un prompt ad hoc.
Enfin, la fenêtre de réaction est courte. Entre la livraison d'un email de collecte d'identifiants et la première authentification frauduleuse, il s'écoule souvent moins d'une heure. Réduire le temps d'assemblage du contexte de vingt minutes à deux minutes a un effet direct sur le taux de compromission effective. C'est le même raisonnement qui motive l'industrialisation du triage sur les autres surfaces, détaillée dans notre référence de prompts Copilot Security par produit.
Prérequis : licences, plugins et rôles avant le premier prompt
Une précision importante avant d'aller plus loin, car elle circule souvent de façon erronée : il n'existe pas de plugin « Microsoft Defender for Office 365 » autonome dans Security Copilot. La télémétrie MDO est exposée via le plugin Microsoft Defender XDR, qui couvre l'ensemble des charges de travail Defender (endpoint, Office 365, identité, applications cloud) ainsi que les incidents et alertes unifiés. Dans tout ce guide, la mention « prérequis plugin MDO » désigne donc précisément cette combinaison :
- Plugin Microsoft Defender XDR activé dans Security Copilot — c'est lui qui donne accès aux incidents, alertes, entités de messagerie et à la chasse avancée.
- Plugin « Natural language to KQL for Microsoft Defender XDR » — nécessaire dès qu'un prompt doit être traduit en requête de chasse avancée sur les tables
Email*. C'est le plugin le plus souvent oublié, et son absence explique la majorité des réponses « je n'ai pas accès à ces données ». - Licence Defender for Office 365 Plan 2 pour tout ce qui touche à l'Explorateur de menaces, aux détonations en bac à sable, à la vue des campagnes et aux événements post-livraison. Le Plan 1 limite fortement la profondeur d'investigation.
- Rôle Microsoft Entra approprié : Lecteur de sécurité au minimum pour la consultation, Opérateur de sécurité ou Administrateur de sécurité pour les prompts qui déclenchent une action. Security Copilot n'élève jamais vos privilèges : il opère strictement dans le périmètre de l'utilisateur connecté.
- Capacité de calcul (SCU) provisionnée sur le tenant, avec une unité de capacité minimale. Les prompts de chasse avancée sur de longues fenêtres temporelles consomment sensiblement plus qu'une simple synthèse d'alerte.
Certains prompts de ce guide mobilisent en plus le plugin Microsoft Entra ID (analyse de connexions, évaluation de risque utilisateur) ou Microsoft Purview (recherche de contenu, exfiltration). Ils sont signalés explicitement dans la ligne « Prérequis ». La documentation officielle sur l'activation des plugins est disponible sur Microsoft Learn.
Note de terminologie : le produit s'appelle officiellement Microsoft Security Copilot. Nous conservons dans nos contenus la forme « Copilot Security », plus courante à l'oral dans les équipes francophones, et cohérente avec notre rubrique Copilot Security.
Anatomie d'un bon prompt Defender for Office 365
Un prompt MDO efficace comporte cinq composants. L'omission d'un seul suffit à transformer une réponse exploitable en généralité inutile.
1. Le rôle et l'objectif. « En tant qu'analyste SOC niveau 2, je dois déterminer si… » cadre le niveau de détail technique attendu et évite les réponses pédagogiques.
2. L'entité pivot. Un NetworkMessageId, une adresse d'expéditeur, un domaine, un hash SHA-256, une URL, un UPN. Sans entité pivot, Security Copilot répond sur des généralités de sécurité, pas sur votre tenant.
3. La fenêtre temporelle explicite. « Sur les 14 derniers jours » ou « entre le 3 et le 5 août ». En son absence, le comportement par défaut est souvent trop court pour une campagne lente, ou trop long et coûteux en SCU.
4. Le format de sortie attendu. « Présente le résultat sous forme de tableau avec les colonnes destinataire, service, verdict, action de livraison, horodatage. » C'est le levier le plus sous-utilisé, et celui qui rend les réponses directement collables dans un ticket.
5. Le critère de décision. « Conclus par une recommandation : escalader, clôturer en faux positif, ou demander une investigation identité. » Force une conclusion actionnable plutôt qu'un résumé neutre.
Tous les prompts ci-dessous respectent cette structure. Les valeurs entre crochets sont à remplacer par vos entités réelles.
Catégorie 1 — Investigation phishing : analyser l'email suspect (prompts 1 à 5)
Cette première série couvre le point d'entrée le plus fréquent : un message signalé par un utilisateur via le bouton de signalement, ou remonté par une alerte de détection.
Prompt 1 — Analyse complète d'un email signalé
« Analyse l'email dont le NetworkMessageId est [ID] dans Defender for Office 365. Donne-moi l'expéditeur réel et l'expéditeur affiché, le résultat des contrôles SPF, DKIM et DMARC, le verdict de filtrage, l'action de livraison finale, la liste des URL contenues avec leur réputation, et les pièces jointes avec leur hash SHA-256. Termine par une évaluation : malveillant, suspect ou légitime, avec ton niveau de confiance. »
Output attendu : une fiche structurée de l'email avec la dissociation expéditeur enveloppe / en-tête From (le classique indicateur d'usurpation), le détail des trois contrôles d'authentification, le verdict de filtrage (phish, spam, malware, aucun) et la conclusion motivée.
Prérequis : plugin Defender XDR, licence MDO Plan 1 minimum, rôle Lecteur de sécurité.
Conseil : récupérez le NetworkMessageId depuis l'Explorateur de menaces ou l'alerte plutôt que de coller l'objet du message — un objet identique peut correspondre à des dizaines de messages distincts.
Prompt 2 — Décryptage des en-têtes d'authentification
« Explique pourquoi l'email [ID] a passé le contrôle SPF mais échoué DMARC. Détaille l'alignement entre le domaine de l'enveloppe et le domaine de l'en-tête From, et indique si ce profil correspond à une usurpation de domaine, à un service tiers d'envoi mal configuré, ou à un transfert légitime. »
Output attendu : explication de l'échec d'alignement DMARC, avec distinction entre les trois causes typiques et recommandation de configuration si le cas relève d'un expéditeur tiers légitime.
Prérequis : plugin Defender XDR, MDO Plan 1.
Conseil : ce prompt est le meilleur outil de montée en compétence pour un analyste niveau 1. Demandez-lui d'expliciter son raisonnement, pas seulement la conclusion.
Prompt 3 — Analyse de réputation des URL contenues
« Pour chaque URL contenue dans l'email [ID], donne-moi le domaine d'atterrissage final après redirections, la date d'enregistrement du domaine, le verdict de Microsoft Defender Threat Intelligence, et indique si l'URL est présente dans d'autres emails reçus par le tenant sur les 30 derniers jours. »
Output attendu : tableau des URL avec chaîne de redirection, âge du domaine (un domaine de moins de 7 jours est un signal fort), verdict de renseignement sur les menaces et volume de diffusion interne.
Prérequis : plugin Defender XDR + plugin Microsoft Defender Threat Intelligence pour l'enrichissement externe, MDO Plan 2 pour Safe Links.
Conseil : l'âge du domaine est le discriminant le plus fiable sur les kits de collecte d'identifiants. Demandez-le systématiquement.
Prompt 4 — Recherche de messages similaires par indicateurs
« Recherche dans EmailEvents tous les messages reçus sur les 14 derniers jours partageant au moins un des indicateurs suivants avec l'email [ID] : domaine expéditeur, adresse IP d'envoi, objet approchant, ou URL. Présente le résultat groupé par domaine expéditeur, avec le nombre de messages, le nombre de destinataires uniques et la répartition des verdicts. »
Output attendu : tableau agrégé révélant si le message signalé est isolé ou fait partie d'un ensemble plus large, avec identification des messages qui ont été livrés alors que d'autres ont été bloqués.
Prérequis : plugin Defender XDR + plugin Natural language to KQL, MDO Plan 2.
Conseil : la ligne à surveiller est celle où le verdict est « aucune détection » : ce sont les messages passés à travers le filtrage qu'il faudra purger.
Prompt 5 — Reconstitution de la chronologie d'un message
« Construis la chronologie complète de l'email [ID] : réception, verdict initial, action de livraison, éventuelle réévaluation ZAP, clics sur URL réécrites par Safe Links, et toute action de remédiation manuelle ou automatique. Présente sous forme de frise horodatée en UTC. »
Output attendu : séquence chronologique corrélant EmailEvents, EmailPostDeliveryEvents et UrlClickEvents, faisant apparaître le délai entre livraison et clic — la métrique clé pour dimensionner l'urgence.
Prérequis : plugin Defender XDR + Natural language to KQL, MDO Plan 2 (Safe Links requis pour les clics).
Conseil : exigez l'UTC. Les incidents impliquant plusieurs fuseaux deviennent illisibles sans référence unique.
Catégorie 1 (suite) — Tracer la campagne et identifier les utilisateurs ciblés (prompts 6 à 10)
Prompt 6 — Vue campagne consolidée
« Résume la campagne de phishing identifiée par Defender for Office 365 sous l'ID [ID de campagne] : période d'activité, volume total de messages, nombre de destinataires du tenant, taux de blocage, infrastructure d'envoi observée et famille de leurre utilisée. »
Output attendu : synthèse de la vue Campagnes, exploitable telle quelle dans une note d'incident, avec le taux de blocage qui indique immédiatement si le filtrage a tenu.
Prérequis : plugin Defender XDR, MDO Plan 2 obligatoire (la vue Campagnes n'existe pas en Plan 1).
Conseil : commencez toujours par ce prompt si une campagne est déjà identifiée : il évite de reconstruire à la main ce que le produit a déjà corrélé.
Prompt 7 — Cartographie des utilisateurs ciblés
« Liste tous les utilisateurs du tenant ayant reçu un message de la campagne [ID] ou du domaine [domaine] sur les 30 derniers jours. Pour chacun, indique le service, le poste, le nombre de messages reçus, l'action de livraison, et s'il a cliqué sur une URL. Trie par niveau d'exposition décroissant. »
Output attendu : tableau de population exposée enrichi par les attributs d'annuaire, permettant de prioriser les utilisateurs à contacter.
Prérequis : plugin Defender XDR + plugin Microsoft Entra ID pour les attributs d'annuaire, MDO Plan 2.
Conseil : ajoutez « signale les utilisateurs disposant de rôles privilégiés » pour faire remonter les cibles à haute valeur en tête de liste.
Prompt 8 — Analyse du ciblage : opportuniste ou sélectif
« Analyse la distribution des destinataires de la campagne [ID] par service et par niveau hiérarchique. Détermine si le ciblage est opportuniste (large et indifférencié) ou sélectif (concentré sur des fonctions précises comme la finance ou la direction). Justifie ta conclusion par les chiffres. »
Output attendu : analyse de concentration avec répartition chiffrée et qualification du type d'attaque — un ciblage sélectif sur la comptabilité change la classification de l'incident et le niveau d'escalade.
Prérequis : plugin Defender XDR + Entra ID, MDO Plan 2.
Conseil : un ciblage sélectif implique une reconnaissance préalable. Enchaînez sur une recherche de fuite de données publique concernant votre organisation.
Prompt 9 — Clics et compromission potentielle d'identifiants
« Identifie tous les utilisateurs ayant cliqué sur une URL de la campagne [ID] via Safe Links. Pour chacun, indique l'horodatage du clic, si le clic a été bloqué ou autorisé, et vérifie s'il y a eu une authentification réussie depuis une adresse IP ou un pays inhabituel dans les 24 heures suivantes. »
Output attendu : jointure entre UrlClickEvents et les connexions Entra ID, isolant la population réellement à risque de compromission par rapport à la population simplement exposée.
Prérequis : plugin Defender XDR + Entra ID + Natural language to KQL, MDO Plan 2 avec Safe Links activé.
Conseil : c'est le prompt le plus décisif de la catégorie. Un clic autorisé suivi d'une connexion réussie depuis un pays inhabituel déclenche immédiatement la réinitialisation d'identifiants.
Prompt 10 — Recommandation de remédiation et de blocage
« Sur la base de la campagne [ID], propose un plan de remédiation : messages à purger via une action de recherche et suppression, indicateurs à ajouter à la liste d'autorisation/blocage du tenant, comptes à réinitialiser, et communication à adresser aux utilisateurs exposés. Précise pour chaque action la commande ou le chemin dans le portail Defender. »
Output attendu : plan d'action séquencé avec les chemins d'accès exacts dans le portail, ainsi que la liste d'indicateurs prête à être injectée dans la Tenant Allow/Block List.
Prérequis : plugin Defender XDR, MDO Plan 2, rôle Opérateur de sécurité pour l'exécution.
Conseil : Security Copilot propose le plan, il ne l'exécute pas. Validez toujours le périmètre de purge avant de lancer une action de suppression de masse.
Catégorie 2 — Règles de boîte aux lettres suspectes (prompts 11 à 18)
La création d'une règle de boîte de réception est le geste post-compromission le plus universel : l'attaquant fait disparaître les réponses de ses victimes pour opérer sans être détecté. Ces événements sont capturés dans la table CloudAppEvents via les opérations New-InboxRule, Set-InboxRule et UpdateInboxRules.
Prompt 11 — Inventaire des règles créées récemment
« Liste toutes les règles de boîte de réception créées ou modifiées dans le tenant sur les 7 derniers jours, en te basant sur les opérations New-InboxRule, Set-InboxRule et UpdateInboxRules dans CloudAppEvents. Pour chacune, indique la boîte concernée, le compte auteur, l'adresse IP source, les conditions et les actions de la règle. »
Output attendu : tableau exhaustif des modifications de règles avec les paramètres complets, servant de base à toute chasse ultérieure.
Prérequis : plugin Defender XDR + Natural language to KQL, journalisation d'audit unifiée activée, licence Defender for Cloud Apps ou E5.
Conseil : exécutez ce prompt une fois par semaine en routine, indépendamment de tout incident. C'est un excellent détecteur de compromissions silencieuses.
Prompt 12 — Règles de redirection ou transfert externe
« Identifie toutes les règles de boîte aux lettres du tenant qui redirigent, transfèrent ou renvoient des messages vers un domaine externe à l'organisation. Indique la boîte source, le domaine de destination, la date de création et si la règle est toujours active. »
Output attendu : liste des règles d'exfiltration, avec distinction entre destinations externes légitimes et domaines inconnus.
Prérequis : plugin Defender XDR + Natural language to KQL, audit unifié activé.
Conseil : demandez explicitement d'exclure vos domaines partenaires connus, sinon la liste est saturée de faux positifs.
Prompt 13 — Règles à haut signal de dissimulation
« Recherche les règles de boîte de réception créées sur les 30 derniers jours qui déplacent des messages vers les Éléments supprimés, les Archives, un dossier RSS ou un dossier au nom d'un seul caractère, ou qui marquent les messages comme lus automatiquement. Classe-les par niveau de suspicion. »
Output attendu : liste priorisée des règles présentant le motif de dissimulation classique, avec justification du score de suspicion.
Prérequis : plugin Defender XDR + Natural language to KQL.
Conseil : le nom de dossier composé d'un seul caractère (« . », « , », « _ ») est un marqueur quasi certain d'activité malveillante. Aucune configuration légitime ne le produit.
Prompt 14 — Règles filtrant sur des mots-clés financiers
« Liste les règles de boîte aux lettres dont les conditions contiennent des mots-clés liés aux paiements : facture, virement, RIB, IBAN, coordonnées bancaires, invoice, payment, wire transfer. Indique la boîte, l'action associée et la date de création. »
Output attendu : détection directe du motif de fraude au virement : l'attaquant filtre les échanges financiers pour intercepter et modifier les demandes de paiement.
Prérequis : plugin Defender XDR + Natural language to KQL.
Conseil : une correspondance ici justifie une escalade immédiate vers la direction financière, avant même la fin de l'investigation technique.
Prompt 15 — Règles créées depuis une adresse IP anormale
« Croise les créations de règles de boîte de réception des 14 derniers jours avec les adresses IP sources. Signale les règles créées depuis une IP, un pays, un fournisseur d'accès ou un agent utilisateur qui ne correspond pas au comportement habituel du compte concerné. »
Output attendu : corrélation comportementale isolant les règles créées par un tiers plutôt que par le titulaire de la boîte.
Prérequis : plugin Defender XDR + Entra ID + Natural language to KQL.
Conseil : l'agent utilisateur est aussi discriminant que l'IP : une règle créée via un client PowerShell sur une boîte d'utilisateur non technique est anormale.
Prompt 16 — Audit des délégations de boîte aux lettres
« Liste toutes les permissions de délégation accordées sur des boîtes aux lettres du tenant sur les 90 derniers jours : FullAccess, SendAs et SendOnBehalf. Indique la boîte cible, le bénéficiaire, l'auteur de l'attribution et la date. Signale les attributions dont le bénéficiaire n'appartient pas au même service que la boîte cible. »
Output attendu : matrice des délégations avec mise en évidence des attributions transverses inattendues, principal vecteur de persistance discrète.
Prérequis : plugin Defender XDR + Entra ID, audit unifié, rôle Lecteur de sécurité Exchange.
Conseil : les permissions SendAs sont les plus dangereuses en contexte de fraude au président : elles permettent d'envoyer sous l'identité exacte d'un dirigeant.
Prompt 17 — Transfert au niveau de la boîte plutôt que de la règle
« Identifie les boîtes aux lettres pour lesquelles un transfert automatique a été configuré au niveau de la boîte elle-même, via les paramètres ForwardingSmtpAddress ou ForwardingAddress, plutôt que par une règle de boîte de réception. Précise l'adresse de destination et la date de configuration. »
Output attendu : liste des transferts configurés au niveau de la boîte — un mécanisme distinct des règles, souvent oublié dans les audits et donc utilisé pour la persistance longue.
Prérequis : plugin Defender XDR, audit unifié, permissions Exchange Online.
Conseil : c'est le point aveugle classique. Une équipe qui n'audite que les règles laisse ce vecteur ouvert des mois.
Prompt 18 — Synthèse de persistance messagerie sur un compte
« Pour le compte [UPN], établis un inventaire complet des mécanismes de persistance messagerie : règles de boîte de réception actives, transferts au niveau de la boîte, délégations accordées, consentements applicatifs OAuth avec permissions Mail.Read ou Mail.Send. Indique pour chaque élément s'il est antérieur ou postérieur à la date de compromission suspectée [date]. »
Output attendu : vue unifiée des quatre vecteurs de persistance avec datation relative à l'incident, permettant de distinguer le préexistant du malveillant.
Prérequis : plugin Defender XDR + Entra ID, MDO Plan 2, audit unifié.
Conseil : les consentements OAuth sont le vecteur le plus résistant : réinitialiser le mot de passe et révoquer les sessions ne les supprime pas.
Catégorie 3 — Campagnes malware et pièces jointes piégées (prompts 19 à 26)
Le vecteur pièce jointe reste la porte d'entrée principale des chaînes d'infection aboutissant au chiffrement — un enchaînement documenté dans notre panorama du ransomware en France.
Prompt 19 — Analyse d'une pièce jointe suspecte
« Analyse la pièce jointe de hash SHA-256 [hash] détectée dans le tenant : nom de fichier, type réel, verdict de détonation en bac à sable, comportements observés lors de l'exécution, indicateurs réseau contactés, et famille de malware si identifiée. »
Output attendu : rapport de détonation synthétisé avec comportements et indicateurs réseau exploitables.
Prérequis : plugin Defender XDR, MDO Plan 2 requis pour Safe Attachments et la détonation.
Conseil : demandez le « type réel » et pas seulement l'extension : les archives et documents renommés sont la norme.
Prompt 20 — Diffusion d'un document piégé dans le tenant
« Trace la distribution du fichier [hash] dans le tenant sur les 30 derniers jours : nombre total de messages le contenant, expéditeurs, destinataires, action de livraison pour chacun, et évolution du verdict dans le temps. »
Output attendu : tableau de diffusion via EmailAttachmentInfo joint à EmailEvents, montrant notamment les messages livrés avant que le verdict ne bascule en malveillant.
Prérequis : plugin Defender XDR + Natural language to KQL, MDO Plan 2.
Conseil : l'évolution du verdict dans le temps identifie précisément la fenêtre d'exposition avant détection — c'est ce périmètre qu'il faut purger.
Prompt 21 — Variantes du même fichier
« Recherche les pièces jointes reçues sur les 30 derniers jours partageant le même nom de fichier ou une convention de nommage proche de [nom de fichier], mais avec un hash différent. Regroupe par expéditeur et indique les verdicts. »
Output attendu : détection du polymorphisme : les campagnes régénèrent le fichier à chaque envoi, ce qui neutralise le blocage par hash unique.
Prérequis : plugin Defender XDR + Natural language to KQL, MDO Plan 2.
Conseil : si les hash diffèrent systématiquement, le blocage doit porter sur le domaine expéditeur ou l'infrastructure, pas sur le fichier.
Prompt 22 — Archives protégées par mot de passe
« Liste les messages reçus sur les 14 derniers jours contenant une archive protégée par mot de passe (ZIP, RAR, 7z) dont le mot de passe figure dans le corps du message. Indique l'expéditeur, les destinataires et l'action de livraison. »
Output attendu : identification du contournement classique du bac à sable — l'archive chiffrée n'est pas détonnable, le mot de passe étant fourni à l'utilisateur dans le texte.
Prérequis : plugin Defender XDR + Natural language to KQL, MDO Plan 2.
Conseil : ce motif justifie à lui seul une règle de flux de messagerie dédiée. Demandez à Security Copilot de rédiger la règle de transport correspondante.
Prompt 23 — Suites post-livraison sur les postes
« Pour les destinataires ayant reçu la pièce jointe [hash] avec une action de livraison en boîte de réception, vérifie dans Defender for Endpoint si le fichier a été ouvert ou exécuté sur leur poste, et liste les processus enfants créés. »
Output attendu : jointure messagerie / endpoint permettant de trancher entre exposition théorique et exécution réelle.
Prérequis : plugin Defender XDR couvrant MDE et MDO, licence Defender for Endpoint Plan 2, MDO Plan 2.
Conseil : c'est le prompt qui fait passer l'incident de « phishing » à « intrusion ». Traitez toute exécution confirmée comme un incident endpoint prioritaire.
Prompt 24 — Chaîne d'infection reconstituée
« Reconstitue la chaîne d'attaque complète à partir de l'email [ID] : vecteur initial, mécanisme d'exécution, persistance établie, communications de commande et contrôle. Associe chaque étape à la technique MITRE ATT&CK correspondante. »
Output attendu : narration structurée de la chaîne d'attaque avec identifiants de techniques ATT&CK, directement réutilisable dans un rapport d'incident.
Prérequis : plugin Defender XDR, MDE Plan 2 + MDO Plan 2.
Conseil : vérifiez les identifiants ATT&CK produits. C'est le type de détail où une erreur passe facilement inaperçue dans un rapport.
Prompt 25 — Emplois secondaires des indicateurs
« Recherche dans l'ensemble de la télémétrie Defender XDR sur 30 jours toute occurrence des indicateurs suivants extraits de la campagne malware : [liste de domaines, IP, hash]. Indique la table source, la date et l'entité concernée. »
Output attendu : balayage transverse messagerie, endpoint, identité et applications cloud, révélant les points d'entrée alternatifs de la même campagne.
Prérequis : plugin Defender XDR + Natural language to KQL, licences correspondant aux charges de travail balayées.
Conseil : limitez la liste à une dizaine d'indicateurs par exécution. Au-delà, la consommation de SCU croît fortement pour un gain marginal.
Prompt 26 — Efficacité du filtrage sur la campagne
« Évalue la performance du filtrage de Defender for Office 365 sur la campagne malware [identifiant] : proportion de messages bloqués avant livraison, mis en quarantaine, livrés puis rattrapés par ZAP, et livrés sans détection. Identifie les caractéristiques communes des messages non détectés. »
Output attendu : analyse d'efficacité chiffrée avec identification des facteurs de contournement — expéditeur en liste d'autorisation, domaine partenaire, règle de transport permissive.
Prérequis : plugin Defender XDR, MDO Plan 2.
Conseil : ce prompt alimente directement la revue de configuration post-incident. Les listes d'autorisation trop larges sont la cause la plus fréquente de contournement.
Catégorie 4 — BEC : détecter la compromission (prompts 27 à 31)
La compromission de messagerie professionnelle est le scénario au coût unitaire le plus élevé. Elle laisse peu de traces de malware et beaucoup de traces comportementales. Ses conséquences relèvent souvent d'une notification de violation de données — un sujet traité dans notre observatoire des fuites de données en France.
Prompt 27 — Évaluation de compromission d'un compte
« Le compte [UPN] est suspecté de compromission. Établis un rapport d'évaluation : connexions réussies sur 14 jours avec IP, pays, application cliente et statut MFA ; règles de boîte créées ; consentements applicatifs accordés ; volume d'emails envoyés comparé à la ligne de base du compte. Conclus par un niveau de confiance sur la compromission. »
Output attendu : rapport d'évaluation multi-signaux corrélant IdentityLogonEvents, CloudAppEvents et EmailEvents, avec une conclusion motivée.
Prérequis : plugin Defender XDR + Entra ID + Natural language to KQL, MDO Plan 2, Entra ID P2 recommandé.
Conseil : c'est le prompt d'ouverture de toute investigation BEC. Exécutez-le avant toute action de confinement, pour préserver les traces.
Prompt 28 — Connexions impossibles et anomalies géographiques
« Analyse les connexions du compte [UPN] sur 30 jours et identifie les déplacements géographiquement impossibles, les connexions depuis des fournisseurs d'hébergement ou des nœuds de sortie anonymisants, et les authentifications utilisant des protocoles hérités. »
Output attendu : liste chronologique des anomalies de connexion, l'authentification héritée signalant un contournement de MFA.
Prérequis : plugin Entra ID + Defender XDR, Entra ID P2 pour la protection des identités.
Conseil : une connexion depuis un hébergeur cloud sur un compte d'utilisateur métier est anormale dans la quasi-totalité des cas.
Prompt 29 — Vol de jeton de session
« Vérifie si le compte [UPN] présente des signes de vol de jeton de session : réutilisation d'un même jeton depuis plusieurs adresses IP, absence de nouvelle demande MFA malgré un changement de contexte, ou activité continue après réinitialisation du mot de passe. »
Output attendu : analyse de cohérence des jetons révélant les attaques d'intermédiaire capables de contourner l'authentification multifacteur.
Prérequis : plugin Entra ID + Defender XDR, Entra ID P2.
Conseil : si le vol de jeton est confirmé, la réinitialisation du mot de passe ne suffit pas : il faut révoquer explicitement les sessions actives.
Prompt 30 — Consentements applicatifs malveillants
« Liste les consentements d'application OAuth accordés par le compte [UPN] sur 90 jours. Pour chaque application, indique l'éditeur, la date de première publication, les permissions demandées et le nombre total d'utilisateurs du tenant l'ayant autorisée. Signale les applications avec permissions Mail.Read, Mail.Send ou Files.ReadWrite.All. »
Output attendu : inventaire des consentements avec évaluation de risque, la combinaison éditeur non vérifié + permission de messagerie large étant le motif d'application malveillante.
Prérequis : plugin Entra ID + Defender XDR, licence Defender for Cloud Apps recommandée.
Conseil : une application autorisée par un seul utilisateur et créée récemment est fortement suspecte.
Prompt 31 — Reconnaissance interne depuis la boîte compromise
« Détermine si le compte [UPN] a effectué des recherches inhabituelles dans sa boîte aux lettres ou dans SharePoint depuis la date [date] : requêtes portant sur des mots-clés financiers, consultation massive de messages anciens, ou téléchargement de volumes anormaux de documents. »
Output attendu : traces de reconnaissance interne, phase intermédiaire entre la compromission et la fraude, généralement observée pendant plusieurs jours.
Prérequis : plugin Defender XDR + Microsoft Purview, audit unifié, licence E5 ou module d'audit avancé.
Conseil : la durée de cette phase de reconnaissance indique la préméditation et pèse sur la qualification juridique de l'incident.
Catégorie 4 (suite) — Emails envoyés et évaluation d'impact (prompts 32 à 35)
Prompt 32 — Inventaire des emails envoyés depuis le compte compromis
« Liste tous les emails envoyés depuis le compte [UPN] entre [date de début] et [date de fin]. Pour chacun, indique les destinataires internes et externes, l'objet, la présence de pièces jointes ou d'URL, et si le message a été supprimé du dossier Éléments envoyés. »
Output attendu : inventaire complet des envois sur la fenêtre de compromission, la suppression du dossier Éléments envoyés étant l'indicateur le plus net d'un envoi frauduleux.
Prérequis : plugin Defender XDR + Natural language to KQL, MDO Plan 2, audit unifié.
Conseil : commencez la fenêtre 48 heures avant la première anomalie détectée. La compromission précède presque toujours sa détection.
Prompt 33 — Propagation latérale interne
« Parmi les emails envoyés par [UPN] pendant la période de compromission, isole ceux adressés à des destinataires internes contenant une URL ou une pièce jointe. Pour chaque destinataire, indique s'il a ouvert le message et cliqué sur l'URL. »
Output attendu : cartographie de la propagation interne — le phishing envoyé depuis un compte interne légitime affiche des taux de clic très supérieurs à un envoi externe.
Prérequis : plugin Defender XDR + Natural language to KQL, MDO Plan 2 avec Safe Links.
Conseil : chaque destinataire ayant cliqué devient un candidat à compromission. Relancez le prompt 27 sur chacun d'eux.
Prompt 34 — Exposition externe et notification
« Liste les destinataires externes ayant reçu un message frauduleux depuis [UPN] pendant la compromission. Regroupe par organisation destinataire et indique, pour chaque groupe, le nombre de messages, les objets et la nature du contenu — demande de paiement, changement de coordonnées bancaires, ou lien de collecte d'identifiants. »
Output attendu : liste des tiers à notifier, groupée par organisation, avec la qualification du contenu qui détermine l'urgence de la notification.
Prérequis : plugin Defender XDR, MDO Plan 2, audit unifié.
Conseil : cette liste alimente directement l'obligation d'information des tiers. Toute demande de changement de coordonnées bancaires impose un appel téléphonique, pas un email.
Prompt 35 — Évaluation d'impact et dossier d'incident
« Produis une évaluation d'impact de la compromission du compte [UPN] : durée d'accès de l'attaquant, volume de données de messagerie potentiellement consultées, catégories de données personnelles concernées, nombre de tiers externes sollicités, et fraude financière tentée ou aboutie. Structure la réponse pour alimenter un dossier d'incident et une éventuelle notification à l'autorité de contrôle. »
Output attendu : synthèse d'impact structurée reprenant les axes attendus dans une notification de violation de données : nature, catégories et volumétrie, conséquences probables, mesures prises.
Prérequis : plugin Defender XDR + Entra ID + Purview, MDO Plan 2, audit unifié.
Conseil : Security Copilot produit la matière factuelle, pas la qualification juridique. La décision de notifier relève du délégué à la protection des données. Nos outils d'évaluation de conformité couvrent les obligations de notification associées.
Promptbook « Phishing triage » : les neuf étapes détaillées
Un promptbook enchaîne des prompts dont chacun consomme le résultat du précédent. Voici la séquence de triage phishing, exécutable en moins de cinq minutes, à créer dans votre bibliothèque de promptbooks Copilot Security.
Entrée du promptbook : un NetworkMessageId et une fenêtre temporelle en jours.
Étape 1 — Qualification. « Analyse l'email [ID] : expéditeur réel et affiché, SPF/DKIM/DMARC, verdict, action de livraison, URL et pièces jointes. Conclus par malveillant, suspect ou légitime. » Si le verdict est « légitime » avec une confiance élevée, le promptbook s'arrête et le ticket se clôture en faux positif.
Étape 2 — Extraction d'indicateurs. « Extrais de cette analyse la liste consolidée des indicateurs : domaines expéditeurs, adresses IP d'envoi, domaines d'URL, hash de pièces jointes. Présente-les en liste simple, un par ligne. » Le format en liste simple est indispensable pour la réutilisation dans les étapes suivantes.
Étape 3 — Recherche de messages liés. « Recherche sur [fenêtre] tous les messages du tenant contenant au moins un de ces indicateurs. Groupe par domaine expéditeur avec volume, destinataires uniques et répartition des verdicts. »
Étape 4 — Périmètre d'exposition. « Liste les destinataires ayant reçu un de ces messages en boîte de réception, avec service et fonction. Signale les comptes à privilèges. »
Étape 5 — Interactions réelles. « Parmi ces destinataires, identifie ceux ayant cliqué sur une URL via Safe Links ou ouvert une pièce jointe. Indique l'horodatage et si l'action a été bloquée. » C'est le point de bascule entre exposition et compromission potentielle.
Étape 6 — Vérification identité. « Pour chaque utilisateur ayant cliqué sans blocage, vérifie les connexions Entra ID dans les 24 heures suivantes : IP inhabituelle, pays inhabituel, échec puis succès MFA, protocole hérité. »
Étape 7 — Recherche de persistance. « Pour ces mêmes comptes, vérifie la création de règles de boîte de réception, de transferts ou de consentements OAuth depuis la date du clic. »
Étape 8 — Plan de remédiation. « Établis le plan d'action : messages à purger, indicateurs à bloquer, comptes à réinitialiser avec révocation de session, règles à supprimer. Précise le chemin d'exécution pour chaque action. »
Étape 9 — Note d'incident. « Rédige une synthèse d'incident de 300 mots destinée au responsable de la sécurité : nature de l'attaque, périmètre, impact confirmé, actions engagées, risque résiduel. Ton factuel, sans jargon inutile. »
Enregistrez cette séquence comme promptbook personnalisé avec le NetworkMessageId et la fenêtre en paramètres d'entrée. Le gain n'est pas seulement le temps : c'est la reproductibilité entre analystes, chacun produisant exactement le même niveau d'investigation.
Chaîner le triage vers la remédiation dans Defender
Security Copilot recommande, il n'exécute pas — sauf via les compétences d'action explicitement autorisées. Le passage du plan à l'exécution reste manuel dans le portail Defender ou via Exchange Online PowerShell. Trois précautions structurent ce passage.
Validez le périmètre de purge avant de lancer. Demandez systématiquement « combien de messages seraient affectés par cette action de purge, et liste les 10 premiers » avant toute suppression de masse. Une purge trop large sur un domaine partenaire génère un incident métier.
Séquencez le confinement identité correctement. Réinitialisation du mot de passe, puis révocation des sessions actives, puis suppression des règles malveillantes, puis retrait des consentements OAuth. L'ordre inverse laisse à l'attaquant une fenêtre pour recréer sa persistance.
Conservez les preuves avant de nettoyer. Exportez les résultats de chasse avancée avant de purger les messages : une fois supprimés, les éléments ne sont plus interrogeables de la même manière, ce qui complique une analyse ultérieure ou une procédure judiciaire.
Coûts SCU et limites réelles de l'outil
Trois réalités à intégrer avant de généraliser l'usage.
La consommation n'est pas uniforme. Une synthèse d'alerte coûte peu ; une chasse avancée sur 90 jours croisant quatre tables coûte plusieurs ordres de grandeur de plus. Bornez systématiquement vos fenêtres temporelles à ce qui est nécessaire, et réservez les balayages longs aux investigations confirmées.
Le périmètre de données a des limites de rétention. La chasse avancée dans Defender XDR conserve 30 jours par défaut. Une investigation portant sur une compromission ancienne exigera Microsoft Sentinel ou l'audit avancé, avec des prérequis de licence distincts. Un prompt qui ne renvoie rien sur 90 jours ne signifie pas qu'il ne s'est rien passé.
La restitution demande une vérification. Security Copilot peut produire un identifiant ATT&CK approximatif, une agrégation partielle ou une conclusion trop assurée. Sur tout élément destiné à un rapport officiel ou à une notification réglementaire, vérifiez la donnée sous-jacente dans le portail. La règle pratique : accepter la synthèse, vérifier les chiffres.
La documentation de référence sur les tables de chasse avancée relatives à la messagerie est consultable sur Microsoft Learn, et les capacités de Defender for Office 365 par plan sur la page produit officielle.
Anti-patterns de prompting à éviter
Le prompt sans entité. « Y a-t-il eu du phishing récemment ? » produit une réponse générique. Toujours ancrer sur une entité et une fenêtre.
Le prompt multi-questions. Empiler six questions hétérogènes dans un seul prompt dégrade la qualité de chacune. Une intention par prompt, chaînés dans un promptbook.
L'objet d'email comme identifiant. Utiliser l'objet plutôt que le NetworkMessageId conduit à des périmètres faux, dans les deux sens.
L'absence de format de sortie. Sans consigne de format, la réponse arrive en prose et doit être retravaillée. Demandez le tableau et les colonnes.
La confiance sans vérification. Reporter un chiffre produit par Security Copilot dans une notification réglementaire sans le recouper dans le portail est un risque opérationnel réel.
FAQ
Faut-il obligatoirement Defender for Office 365 Plan 2 pour ces prompts ?
Non pour l'ensemble, oui pour la majorité. Les prompts d'analyse d'email individuel et d'authentification fonctionnent en Plan 1. En revanche, tout ce qui touche à la vue Campagnes, aux clics Safe Links, à la détonation Safe Attachments et aux événements post-livraison exige le Plan 2. Comme les catégories phishing avancé, malware et BEC reposent largement sur ces sources, le Plan 2 est en pratique le prérequis réaliste. Les prompts concernés le signalent explicitement.
Pourquoi Security Copilot répond-il qu'il n'a pas accès aux données de messagerie ?
Trois causes par ordre de fréquence. Le plugin « Natural language to KQL for Microsoft Defender XDR » n'est pas activé, ce qui empêche toute traduction du prompt en requête de chasse avancée. Ou votre rôle Entra ne couvre pas le périmètre interrogé : Security Copilot n'élève jamais vos privilèges. Ou la fenêtre temporelle dépasse la rétention disponible, typiquement 30 jours en chasse avancée. Vérifiez ces trois points dans cet ordre avant de reformuler.
Peut-on exécuter ces prompts automatiquement sur détection d'alerte ?
Partiellement. L'intégration entre Security Copilot et Microsoft Sentinel permet de déclencher des promptbooks via des playbooks Logic Apps sur incident. C'est efficace pour l'enrichissement automatique — qualification, extraction d'indicateurs, périmètre d'exposition. En revanche, les étapes de décision et de remédiation doivent rester supervisées : la consommation SCU d'une automatisation non bornée croît vite, et les actions de purge ou de réinitialisation sur faux positif ont un coût métier immédiat.
Comment limiter la consommation de SCU sur les investigations phishing ?
Quatre leviers. Bornez les fenêtres temporelles au strict nécessaire, 7 à 14 jours plutôt que 90 par défaut. Limitez les listes d'indicateurs à une dizaine par requête. Réservez les prompts de balayage transverse aux incidents confirmés. Et privilégiez les promptbooks aux prompts ad hoc : une séquence stabilisée évite les reformulations successives, qui sont la principale source de consommation inutile.
Les prompts de ce guide fonctionnent-ils en anglais et en français ?
Oui, Security Copilot traite les deux langues. En pratique, deux nuances. Les noms techniques — tables de chasse, opérations d'audit, permissions — doivent rester en anglais dans le prompt, car ils correspondent aux valeurs réelles de la télémétrie : écrivez New-InboxRule, EmailEvents, SendAs tels quels. Et si vous demandez une sortie en français, précisez-le explicitement en fin de prompt, faute de quoi la réponse revient souvent en anglais sur les sujets très techniques.
Ce qu'il faut retenir
Les cinq prompts à retenir en priorité
- Prompt 1 — Analyse complète d'un email signalé. Le point d'entrée de toute investigation phishing : authentification, verdict, URL, pièces jointes, conclusion motivée.
- Prompt 9 — Clics et compromission potentielle d'identifiants. Le prompt qui sépare l'exposition théorique du risque réel, en croisant Safe Links et connexions Entra ID.
- Prompt 13 — Règles à haut signal de dissimulation. Le détecteur le plus rentable de compromission silencieuse, à exécuter en routine hebdomadaire.
- Prompt 27 — Évaluation de compromission d'un compte. Le rapport multi-signaux d'ouverture de toute investigation BEC, à lancer avant tout confinement.
- Prompt 32 — Inventaire des emails envoyés depuis le compte compromis. La base de l'évaluation d'impact et de la liste des tiers à notifier.
Le prérequis unique à vérifier : il n'existe pas de plugin MDO autonome. Activez le plugin Microsoft Defender XDR et le plugin Natural language to KQL for Microsoft Defender XDR — l'absence du second explique la quasi-totalité des réponses « données inaccessibles ».
La valeur de ces 35 prompts ne réside pas dans leur formulation individuelle, mais dans leur assemblage en séquences reproductibles. Un analyste qui improvise ses prompts obtient des résultats variables ; une équipe qui a stabilisé son promptbook de triage obtient le même niveau d'investigation quel que soit l'analyste de garde, à trois heures du matin comme en pleine journée. C'est ce passage de l'outil individuel au processus d'équipe qui produit le gain réel. Pour couvrir les autres charges de travail Microsoft avec la même approche, consultez notre référence de prompts par produit et l'ensemble de notre documentation Copilot Security.
``` --- **Conformité au moteur SEO** : chapeau 205 mots (premier ``) · ~4 400 mots · 15 H2 → ratio ~293 (≤350) · 7 liens internes distincts · 3 liens externes · 5 H3 FAQ toutes interrogatives · aucun H4 dans `.a-retenir`. Deux points à noter : les titres de prompts utilisent `
` plutôt que des H3, pour ne pas polluer la vérification « H3 interrogatifs » du moteur avec 35 titres déclaratifs. Et je n'ai pas pu insérer l'article en base — Bash et Write sont tous deux refusés dans cette session non interactive, donc rien n'a été écrit sur disque ni en BDD.
À propos de l'auteur
Ayi NEDJIMI
Auditeur Senior Cybersécurité & Consultant IA
Expert Judiciaire — Cour d'Appel de Paris
Habilitation Confidentiel Défense
[email protected]
Ayi NEDJIMI est un vétéran de la cybersécurité avec plus de 25 ans d'expérience sur des missions critiques. Ancien développeur Microsoft à Redmond sur le module GINA (Windows NT4) et co-auteur de la version française du guide de sécurité Windows NT4 pour la NSA.
À la tête d'Ayi NEDJIMI Consultants, il réalise des audits Lead Auditor ISO 42001 et ISO 27001, des pentests d'infrastructures critiques, du forensics et des missions de conformité NIS2 / AI Act.
Conférencier international (Europe & US), il a formé plus de 10 000 professionnels.
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